Marie-Amélie Le Fur : « Paris 2024, un catalyseur pour changer la place du parasport dans la société »

La présidente du Comité paralympique et sportif français, Marie-Amélie Le Fur, le 14 avril 2021, lors d’une conférence de presse à cent jours des Jeux de Tokyo.

Entretien. Championne paralympique du 100 m (Londres-2012), du 400 m et du saut en longueur (Rio-2016), Marie-Amélie Le Fur a été réélue le 5 juillet à la tête du Comité paralympique et sportif français (CPSF). Avant d’aller défendre son titre à la longueur aux Jeux paralympiques de Tokyo (du 24 août au 5 septembre), elle est revenue pour Le Monde sur les ambitions de la délégation paralympique française et sur l’importance du sport pour les personnes en situation de handicap.

Combien de médailles attendez-vous pour l’équipe de France à Tokyo ?

L’objectif prioritaire, c’est de remettre la France sur une pente ascendante. Nous espérons obtenir au moins 35 médailles à Tokyo [contre 28 aux Jeux de Rio, en 2016]. C’est réaliste au regard de la densité de la concurrence internationale et cohérent avec la place des athlètes français dans les bilans internationaux.

Cela ne manque-t-il pas d’ambition alors que la France comptait 45 médailles à Londres, en 2012, et 52 à Pékin, quatre ans auparavant ?

C’est un objectif plus élevé que le bilan de Rio. Je ne trouve pas qu’il manque d’ambition. Le nombre de médailles que l’on peut remporter n’est pas comparable à celui d’il y a dix, vingt ou trente ans. Le développement international du mouvement paralympique n’est plus le même. C’est un objectif très ambitieux, et la France s’est donné les moyens de l’atteindre.

Quel a été l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la préparation des athlètes ?

Certaines formes de handicap, eu égard à la pathologie, n’ont pas permis, pendant les confinements successifs, de pouvoir s’entraîner correctement à domicile, ni d’avoir quelqu’un à proximité immédiate pour aider la personne en situation de handicap dans sa pratique sportive.

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Nous avons constaté un fort recul dans le nombre des licences, qui est dans la moyenne haute de ce qu’ont vécu les autres fédérations sportives. Il y a eu un impact très fort du Covid-19 sur la prise de licence des personnes en situation de handicap, alors même qu’il existait une exception de pratique mise à disposition des clubs, mais qu’il a été difficile de mettre en œuvre sur le terrain.

Il y a eu également beaucoup d’annulations de compétitions au début de l’année 2021, qui ont fragilisé la préparation olympique des athlètes. Mais ce constat est valable pour tout le monde.

Le sport adapté (handicaps psychiques et mentaux) n’est présent que dans trois disciplines : tennis de table, natation et athlétisme. Il semble toujours être le parent pauvre…

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