Marseille, la capitale du septième art

Tourner dans les quartiers nord, comme l’a fait Hafsia Herzi pour « Bonne mère », sélectionné à Cannes, reste encore difficile.

Avec trois films sélectionnés à Cannes, Stillwater, de Tom McCarthy (hors compétition), Bac Nord, de Cédric Jimenez (hors compétition), et Bonne mère, d’Hafsia Herzi (Un certain regard), la cité phocéenne s’érige en capitale du septième art. Ou presque : avec un cumul de 1 162 jours de tournage par an – soit trois tournages par jour, tous formats confondus –, Marseille talonne Paris et aimante les réalisateurs, y compris américains. Le flux semble intarissable, et pas seulement sur grand écran : en 2020, Bronx, d’Olivier Marchal, sortait sur Netflix. Cette année, c’est le tournage de la série adaptée d’Un prophète, de Jacques Audiard, primé à Cannes en 2009, qui est annoncé…

A en croire Sabrina Roubache, productrice exécutive de la série Marseille, qui a piloté un rapport sur la compétitivité du secteur pour la chambre de commerce et d’industrie de la ville, Marseille a de précieux atouts : « Le soleil, la diplomatie économique déployée en faveur de la filière cinéma et les facilités d’accueil. »

Des techniciens compétents

Elle jouit surtout d’un écosystème très favorable depuis le lancement, en 2004, de la série quotidienne Plus belle la vie, entièrement tournée au pôle média du quartier de la Belle-de-Mai. Grâce à ce format récurrent, on trouve depuis longtemps, à Marseille et alentour, des techniciens compétents. C’est notamment ce qui a séduit Jonathan King, l’un des producteurs de Stillwater : « Les équipes sont très fortes, mais, pour être plus compétitive, la ville devrait offrir plus de studios de grande capacité. »

Pour l’heure, il faut aller à Martigues, où Provence Studios, l’un des plus grands d’Europe (2 600 mètres carrés), accueille le tournage d’une énorme série Netflix, The Serpent Queen, un biopic sur Catherine de Médicis. La « mission cinéma », créée par le maire Jean-Claude Gaudin en 2009, a encore accéléré le mouvement. Elle facilite les tournages : « Les autorisations sont bien plus simples à obtenir qu’à Paris », note Cédric Jimenez, le réalisateur de La French et de BAC Nord.

Des financements historiques

Mobilisé, Jean-Marc Coppola, le nouvel adjoint à la culture du maire socialiste Benoît Payan, se rend aussi régulièrement sur les plateaux pour faire la promotion de sa ville. Il a d’ailleurs récemment déjeuné avec Francis Huster alors qu’il jouait Meurtre sur les îles du Frioul (France 3), que la réalisatrice marseillaise Sylvie Ayme a pu tourner au château d’If.

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