Marseille-Nice, première ligne TER à échapper à la SNCF

Le droit européen impose à partir de décembre 2023 une mise en concurrence du trafic ferroviaire pour toutes les régions.

« C’est une étape historique et une première en France », s’est félicité le président de la région, Renaud Muselier (Les Républicains). Les élus de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont entériné jeudi 28 octobre l’attribution de l’exploitation de la ligne ferroviaire Marseille-Nice au groupe privé Transdev à partir de 2025, mettant fin, pour la première fois en France, au monopole de la SNCF.

Réunis en assemblée plénière, les élus de la région ont adopté à la majorité absolue la délibération proposée par l’exécutif régional visant à attribuer à Transdev la ligne TER Marseille-Toulon-Nice. Dès le 7 septembre l’exécutif avait fait part de ce choix qui écartait l’opérateur public historique. Trois entreprises étaient en lice pour remporter cette liaison via Toulon : la SNCF, le groupe privé français de transports Transdev et Thello, une filiale de la compagnie publique des chemins de fer italienne, Trenitalia.

En attribuant cette ligne TER, qui représente 10 % du trafic régional en nombre de trains proposés, à Transdev (filiale à 66 % de la Caisse des dépôts), la région PACA est la première de France à mettre fin au monopole de la SNCF. M. Muselier a promis grâce à cette mise en concurrence une amélioration des services pour les usagers avec un taux de ponctualité à « 92 % en 2025 » ainsi qu’un taux d’annulation de 2 %. En 2016, selon la région, 20 % des trains étaient en retard et 10 % des trains étaient annulés. Toujours selon la région, « le trafic sera doublé », passant de sept allers-retours quotidiens à 14, pour « un coût équivalent ». Le contrat de concession de dix ans est estimé à 870 millions d’euros.

Transdev s’engage notamment à porter de 7 à 14 le nombre d’allers-retours quotidiens quand il sera aux commandes, en juillet 2025 ; et « pour un prix équivalent », assure la région. D’ici là le nouvel opérateur promet de construire des infrastructures, comme un centre de maintenance à Nice, et de s’équiper de nouvelles rames Alstom. Il devra surtout négocier avec les organisations syndicales davantage de polyvalence des cheminots. Les agents travaillant au moins 50 % du temps sur cette ligne passeront obligatoirement chez Transdev avec leurs droits, les autres auront le choix.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés La perte de la ligne de TER Nice-Marseille, une brèche de plus dans le monopole historique de la SNCF

« Mises en concurrence trop précipitées »

Un deuxième lot concernant l’exploitation des lignes « Azur » incluant les liaisons entre Les Arcs-Draguignan (Var) et Vintimille (Italie), ainsi que les lignes Nice-Tende et Cannes-Grasse dans les Alpes-Maritimes, était également soumis au vote. Seule en lice, la SNCF a conservé ce contrat estimé à 1,5 milliard d’euros, qui représente 23 % du trafic régional.

« Ces mises en concurrence sont trop précipitées », a dénoncé le Rassemblement national, qui a voté contre la délibération, estimant notamment que la sécurité renforcée au sein des TER, promise par la région, n’était pas effective. Aucun élu de gauche ou écologiste n’est présent au conseil régional, la liste d’union de la gauche en lice au premier tour des élections régionales en juin ayant décidé de se retirer entre les deux tours, pour éviter la victoire potentielle du RN dans le cadre d’une triangulaire.

Le droit européen impose à partir de décembre 2023 une mise en concurrence du trafic ferroviaire pour toutes les régions.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Covid-19 : les transports publics français en souffrance mais « résilients »

Le Monde avec AFP