Mbira, funk et jazz : la sélection musicale du « Monde Afrique » #68

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Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, retour dans les années 1970 et 1980 avec la réédition d’un album du musicien zimbabwéen Ephat Mujuru, une compilation de funk camerounais et la sortie en vinyle d’un disque du percussionniste ghanéen Okyerema Asante.

« Mbavaira », d’Ephat Mujuru & The Spirit of the People

« Le mbira rapproche le monde de nos ancêtres et celui d’aujourd’hui », disait Ephat Mujuru (1950-2001) à propos de son instrument fétiche, un lamellophone utilisé au Zimbabwe pour entrer en contact avec les morts. Le musicien en a fait un outil de lutte pour la libération de l’ex-Rhodésie du Sud, évoquant dans ses chansons l’assujettissement, l’oppression culturelle et la pauvreté. Après l’indépendance, en 1980, il rebaptise son groupe The Spirit of People et enregistre avec lui deux albums acoustiques, dont Mbavaira (qu’on pourrait traduire par « chaos ») en 1983. C’est ce disque que le label américain Awesome Tapes from Africa réédite vendredi 27 août en vinyle, CD, cassette et numérique.

« Cameroon Garage Funk »

Ils s’appellent Jean-Pierre Djeukam, Joseph Kamga ou Louis Wasson, ont enregistré quelques morceaux dans les années 1970 et sont quasiment inconnus du grand public. C’est à ces artistes de la scène underground du Cameroun que le label allemand Analog Africa consacre sa nouvelle compilation, intitulée Cameroon Garage Funk et qui sort le 3 septembre en vinyle, CD et numérique. La plupart des seize titres qu’elle contient ont été captés avec des moyens limités, avec un seul micro, dans une église adventiste de Yaoundé, en l’espace d’une heure ou deux. Il s’en dégage une énergie brute, un art de la débrouille et une soif de création dont l’urgence se fait encore entendre cinquante ans plus tard.

« Drum Message », d’Okyerema Asante feat. Plunky

« Cet album est vraiment venu de mon cœur. Je voulais projeter l’esprit africain dans la musique et sortir un jazz africain unique », explique le maître percussionniste Okyerema Asante au sujet de Drum Message, un disque enregistré à Washington en 1977, paru en CD chez Black Fire en 1993 et que le label britannique Strut réédite le 1er octobre pour la première fois en vinyle. Associé au saxophoniste américain James « Plunky » Branch – leader du groupe Oneness of Juju rencontré en 1973 lors d’une tournée aux Etats-Unis aux côtés du Sud-Africain Hugh Masekela –, le Ghanéen au chapeau à cornes y combine arrangements jazz et rythmes traditionnels africains au fil de onze morceaux extatiques.

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