Mécénat : la Fondation Bettencourt Schueller ne répond positivement qu’à 5 % des sollicitations

Vue de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 12 juillet 2021.

La Fondation Bettencourt Schueller, la mieux dotée de France avec 900 millions d’euros d’actifs, reçoit habituellement un millier de sollicitations par an. Pendant la durée de la pandémie de Covid-19, elle a été « bombardée » de sollicitations, ne cache pas Olivier Brault son directeur général. « Le risque numéro un, c’est la dispersion stratégique », souligne-t-il.

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Cette structure philanthropique créée en 1987 par les héritiers du groupe L’Oréal s’est focalisée sur trois domaines : les sciences de la vie, les arts sous le seul prisme des métiers d’art et du chant choral, ainsi que la solidarité. Sans en déroger, quitte à augmenter ses aides pour répondre aux besoins engendrés par la crise sanitaire, comme en témoignent vingt-trois dons d’urgence débloqués en 2020, d’un montant total de 3,7 millions d’euros – dont l’essentiel (2,4 millions) a été affecté à des actions sociales.

« Du long terme »

Quel que soit le nombre de demandes, le ratio reste le même : « Nous étudions tous les dossiers mais nous répondons non à 95 %. Et oui à seulement 5 %. Nous souhaitons devenir des compagnons de route, prendre des engagements pluriannuels par le biais de conventions, permettre à des passionnés, des gens qui ne sont pas dans le show, de passer à un niveau supérieur », explique Olivier Brault.

S’engager dans « du long terme, pas dans des coups », résume-t-il. En 2020, la Fondation présidée par Françoise Bettencourt-Meyers a donné 21,7 millions à la recherche pour les sciences de la vie, 24,8 millions aux arts et 1,9 million à des actions sociales. Soit 57,4 millions d’euros. Cette année, cette manne s’élèvera à 70 millions. « Ce soutien n’est pas régulier, il varie selon les années en fonction par exemple de la mise en chantier d’un bâtiment destiné à un institut de recherche », note le directeur général.

La reconstruction de Notre-Dame de Paris après son incendie le 15 avril 2019 constitue le principal engagement de la fondation

La préoccupation majeure d’Olivier Brault « est d’éviter de s’installer dans la routine et vérifier continuellement la pertinence de nos engagements ». L’évaluation des actions peut aboutir à une refonte de certaines d’entre elles. Ainsi, afin de renforcer l’attractivité de la recherche médicale française, la fondation a créé un nouveau programme de soutien aux chercheurs en milieu de carrière, baptisé « Impulscience ».

Il s’adressera, dès l’an prochain, aux professionnels de moins de 50 ans, sélectionnés par le Conseil européen de la recherche, mais qui n’ont pas obtenu malgré la qualité de leur projet scientifique, de financement en raison de la limitation des budgets européens. « Cela nous permettra d’endiguer le mercato de nos chercheurs », à qui bon nombre d’universités américaines mais aussi allemandes ou suisses proposent aujourd’hui des financements de recherche alléchants.

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