Mélanie Joder, une nouvelle directrice du budget pour le dernier projet de loi de finances du quinquennat

Elle arrive dans un moment délicat : après la fin officielle du « quoi qu’il en coûte », mais alors qu’Emmanuel Macron multiplie les promesses de dépenses. Depuis le 23 août, Mélanie Joder a pris la tête de la direction du budget, l’une des principales administrations de Bercy, en remplacement d’Amélie Verdier, nommée en janvier 2017 et partie diriger l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France cet été.

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Enarque et inspectrice des finances comme celle qu’elle remplace, Mélanie Joder, 42 ans, était précédemment directrice des finances du ministère de l’éducation nationale, et de celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. Parachutée au huitième étage du bâtiment Colbert de Bercy après les traditionnels arbitrages budgétaires de l’été, alors que les derniers grands dossiers du quinquennat (plan d’investissement, revenu d’engagement) feront l’objet d’annonces de l’Elysée courant octobre, la nouvelle recrue rejoint toutefois un ministère, et surtout une direction, qu’elle connaît bien pour y avoir occupé plusieurs postes. « Elle a déjà travaillé avec plusieurs ministres, et ceux de Bercy ont pu la voir à l’œuvre lors des réunions budgétaires auxquelles elle accompagnait Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, explique Amélie Verdier. Elle apportera sa propre vision, ayant été “de l’autre côté de la table”. »

« Expérience riche »

« J’ai été du côté “dépensier”, cela permet d’avoir un point de vue différent », confirme l’intéressée, qui a dû négocier à ses postes précédents avec les contrôleurs budgétaires ministériels, le « bras armé » de Bercy. Passée par le cabinet de Valérie Pécresse lorsque celle-ci était ministre du budget, à la fin du quinquennat Sarkozy (2011-2012), puis sous-directrice de la synthèse (chargée de la préparation des lois de finances), Amélie Joder, fille d’un comptable public et d’une enseignante, a également été directrice générale d’Universcience, l’établissement public qui regroupe le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie, entre 2015 et 2019. Outre les affiches de la loterie nationale et d’une exposition Valérian qui ornent son bureau avec vue sur l’Accorhotels Arena, elle assure en avoir tiré « une expérience extrêmement riche » et la conviction d’un « manque criant de culture scientifique » en France, bien avant les polémiques actuelles sur la vaccination contre le Covid-19.

Désormais à la tête d’une « petite » direction de 250 personnes à Bercy, qu’elle présente comme « jeune et efficace, avec des hiérarchies courtes », Mme Joder a beau assurer que « techniquement, un dernier budget, ce n’est pas très différent d’une année classique », elle aura la tâche quelque peu schizophrène de devoir tenir l’épure des finances en pleine année électorale. « On n’est pas là pour dire non à toute dépense, mais pour vérifier que l’argent public est bien dépensé, de façon efficace et rapide pour le volet relance », assure-t-elle. Une gageure en cette fin de mandat.