Mic mac éditorial autour du nouveau pamphlet d’Eric Zemmour

Une affiche de soutien à la candidature présidentielle d’Eric Zemmour, dans une rue de Paris, en juillet.

La France n’a pas dit son dernier mot, l’ouvrage d’Eric Zemmour à paraître jeudi 16 septembre (Rubempré, 352 pages, 21,90 euros), constitue l’élément-clé de la potentielle campagne du polémiste d’extrême droite, condamné à plusieurs reprises pour provocation à la haine raciale ou religieuse. S’il ne s’est pas encore déclaré officiellement dans la course à l’Elysée, il a affirmé, samedi 11 septembre, sur France 2, qu’il « n’avait pas peur » d’être candidat, « en avait envie » mais « voulait choisir son moment » pour annoncer sa décision. Ce livre, que l’auteur présente comme le « journal d’une autobiographie politique », était déjà, quinze jours avant son arrivée en librairie, en tête des précommandes sur Amazon. Arnaud de Senilhes, l’avocat d’Eric Zemmour, prétend que « plus de 300 000 exemplaires sont préréservés » et veut espérer que, « si les projections se confirment, les 500 000 exemplaires vendus, voire bien davantage, seront rapidement atteints ».

Une structure baptisée « Rubempré »

Ce pamphlet est édité à compte d’auteur, par l’intermédiaire d’une structure baptisée « Rubempré » – en référence à l’ambitieux personnage de journaliste balzacien. L’activité d’« agence de presse » de cette société créée en 2008 par le polémiste et sa femme a été élargie le 16 juillet à celle d’« édition d’ouvrages ». Le chroniqueur a choisi cette solution après la rupture, fin juin, avec la direction d’Albin Michel. Cet auteur-phare de la maison y avait déjà publié cinq titres : Le Bûcher des vaniteux (2012, 38 000 exemplaires), Le Bûcher des vaniteux 2 (2012, 32 000 exemplaires) puis Le Suicide français (2014) – son principal succès, écoulé à 477 000 exemplaires. Avaient suivi Un quinquennat pour rien (2016, 74 000 exemplaires) et Le Destin français (2018, 114 000 exemplaires).

Bon nombre d’observateurs pensaient qu’Editis, filiale du groupe Vivendi, de Vincent Bolloré, tout comme la chaîne d’information CNews où Eric Zemmour officiait jusqu’à lundi 13 septembre, allait récupérer le polémiste. Or, son ouvrage sera effectivement distribué et diffusé par Interforum, filiale d’Editis. La direction de ce groupe n’en a pas moins démenti toute pression capitalistique pour devenir le distributeur du polémiste. Elle a aussi assuré qu’elle ne deviendrait pas son éditeur. Reste que Lise Boëll, l’éditrice d’Eric Zemmour et de Philippe de Villiers chez Albin Michel, qui n’a pas été consultée avant la rupture avec le polémiste et qui a donné sa démission en juillet, prendra finalement la tête de Plon, maison du groupe Editis, en octobre. Sans que l’on sache encore si certains de ses auteurs la suivront. Par exemple Philippe de Villiers, qui avait tweeté fin juin : « Par solidarité avec Eric Zemmour, j’ai décidé de quitter Albin Michel pour mon prochain livre. »

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