« Mike Horn : survivre à l’impossible », sur RMC Découverte : après quatre-vingt-sept jours en enfer, l’aventurier change de cap et de chaîne

Les explorateurs Mike Horn et Borge Ousland quittent le « Pangaea » pour leur expédition au pôle Nord, fin 2019.

RMC DÉCOUVERTE – VENDREDI 5 NOVEMBRE À 21 H 05 – DOCUMENTAIRE

Quinze mille heures de rushs, soit l’équivalent d’un film de… six cent vingt-cinq jours. C’est le trésor que détenait l’explorateur suisse Mike Horn, né à Johannesburg (Afrique du Sud) en juillet 1966. Des images rapportées de ses expéditions toujours plus extrêmes – la descente sur 7 000 kilomètres de l’Amazonie en 1997, son tour de la Terre en suivant l’équateur en 2001, ou encore sa première incursion au pôle Nord en 2006 avec l’explorateur norvégien Borge Ousland – dit « Borgy ».

A la mort de sa femme, Cathy, en 2015, Mike Horn a mis du temps avant d’avoir envie de repartir. Et de filmer encore. Ce sera pour traverser l’Antarctique, en 2017 (5 100 kilomètres en cinquante-sept jours), puis l’Arctique fin 2019, à nouveau avec Borgy, mais cette fois en partant du nord de l’Alaska à bord du Pangaea – bateau construit avec ses apprentis aventuriers dans les favelas et skippé par Bernard Stamm – pour se faire déposer au-delà de 85° de latitude nord. Il ralliera à ski et en totale autonomie le pôle, avant de se faire récupérer par le bateau au-dessus de l’archipel norvégien de Svalbard. Sauf que tout ne s’est pas passé comme prévu.

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C’est par cette dernière expédition, 87 jours dans l’enfer du pôle Nord, que débute la série en quatre épisodes Survivre à l’impossible, tirée de ces milliers d’heures de tournage. Mike Horn, 55 ans, est venu en personne à Paris mercredi 22 septembre pour la conférence de presse, histoire d’officialiser son partenariat avec la chaîne RMC Découverte, représentée par Thibaut Martin (RMC Production). L’explorateur a quitté en avril M6 où il animait des émissions proches de la télé-réalité, comme A l’état sauvage, dans lesquelles il ne se reconnaissait plus.

Parenthèses pédagogiques

On retrouve en revanche Mike Horn identique à lui-même dans le film, avec son accent à la Jane Birkin hérité de son pays natal, l’Afrique du Sud (installé en Suisse en 1991, il a été naturalisé en 2001) ; avec sa façon d’articuler à outrance, son humour et sa sincérité désarmante.

Egalement présentes à l’écran, voire omniprésentes, ses filles, Annika (née en 1993) et Jessica (1994), consacrent désormais tout leur temps à leur papa et à sa communication. Des séquences animées et des interviews d’experts ouvrent par ailleurs des parenthèses pédagogiques sur les mécanismes du corps dans le froid, l’alimentation, le Système solaire…

Le point d’orgue reste la disparition soudaine de la silhouette infrarouge de Mike Horn, tombé dans l’eau glacée, devant la caméra de Borgy

Des digressions qui font d’autant plus apprécier les images in situ des deux explorateurs, depuis leur départ du Pangaea et cet instant où « plus rien ni personne ne compte, si ce n’est atteindre le pôle Nord », note Mike Horn. Que ce soit quand ils marchent avec pour seul bruit le crissement en rythme de leurs skis, lorsqu’ils font leur adieu au soleil, au trentième jour, ou quand ils ont l’idée géniale, alors qu’ils risquent de manquer de nourriture, d’allonger les journées de vingt-quatre à trente heures pour gagner quatre repas en six jours…

Le point d’orgue reste la disparition soudaine de la silhouette infrarouge de Mike Horn, tombé dans l’eau glacée, devant la caméra de Borgy. « Le film est assez fort. Il n’y a rien à ajouter », avait prévenu Mike Horn. Si ce n’est la gêne, énoncée par l’explorateur lui-même, de constater qu’une telle expédition a été rendue possible « grâce » au réchauffement climatique – en ouvrant de nouvelles zones de navigation. Et sa décision de partager à l’avenir des valeurs plutôt que des exploits extrêmes et lointains.

Mike Horn : survivre à l’impossible. 87 jours dans l’enfer du pôle Nord, documentaire d’Annika Horn et Yohann Thiriet (Fr.-Sui., 2021, 65 min). Diffusé sur RMC Découverte.