Mourad Merzouki : « Le sport a orienté les choix que nous avons faits pour la Nuit blanche »

Mourad Merzouki, codirecteur de la Nuit blanche, en juin 2020.

Premier chorégraphe aux manettes de la Nuit blanche, l’artiste hip-hop Mourad Merzouki, directeur du Centre chorégraphique national de Créteil, copilote avec Sandrina Martins, à la tête du Carreau du Temple, le 20e anniversaire de cette manifestation qui se tient samedi 2 octobre, à Paris.

Vous êtes le premier chorégraphe à imaginer le menu de la Nuit blanche. Dans quel esprit avez-vous accepté cette responsabilité ?

La danse a toute sa place dans ce rendez-vous de premier plan. Elle est attendue plus que jamais après les deux ans de crise sanitaire que nous venons de traverser. Nous avons constaté, sur les réseaux sociaux, comment les gens ont redécouvert le plaisir du mouvement grâce, entre autres, aux tutos, et se sont mis à danser chez eux, en se filmant dans leur salon ou leur salle de bains. Ils ont besoin de bouger, de célébrer aussi. Mettre le corps au centre de cette manifestation plutôt tournée vers les installations d’arts plastiques me semble aujourd’hui vital.

Cette Nuit blanche a un axe fort autour du sport. Comment avez-vous rapproché le sport et la danse ?

Le sport a effectivement orienté les choix que nous avons faits. Parallèlement aux nombreuses balades urbaines sur le GR75, il y a des shows de natation synchronisée en piscine, mais aussi une roller dance party, en écho au skateboard qui est au programme des JO. Venant des arts martiaux, ayant moi-même chorégraphié un spectacle autour de la boxe et un autre sur l’escalade, ce rapprochement entre sport et danse est évident. Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, les deux font vibrer par leur dynamisme, leur générosité, leur engagement. Il faut mutualiser les formes sportives et chorégraphiques. D’ailleurs, de plus en plus de danseurs font des va-et-vient entre les battles – compétitions de haut niveau – et les créations pour les théâtres. Cela peut rassembler des publics qui ne se croisent pas.

Après deux ans d’éloignement les uns des autres, de quelle façon allez-vous remettre le corps en jeu ?

A travers les randonnées, nous souhaitons que le public réinvestisse son corps. Nous avons aussi imaginé des opérations participatives. Je propose, en ouverture, Danse connectée, entre breakdance, cirque et sport, filmée et visible sur des écrans géants, place de l’Hôtel-de-Ville. Il s’agit, pour ceux qui le désirent, d’apprendre un enchaînement de pas simple en compagnie de professionnels, puis de l’interpréter à l’unisson. Ce sera retransmis en direct dans treize villes d’Ile-de-France, où d’autres personnes seront également réunies pour danser. L’idée est de s’ouvrir de nouveau aux autres en retrouvant un geste commun qui nous relie, même si nous ne nous touchons pas encore.

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