Multi-genres, multi-époques, notre sélection musicale pour danser

LA LISTE DE LA MATINALE

Après un an et demi d’inactivité, les discothèques ont été autorisées, vendredi 9 juillet, à rouvrir leur portes pour accueillir le public des amateurs de danse jusqu’au bout de la nuit. Avec des jauges réduites et la nécessité de présenter un passe sanitaire. Pour accompagner ce retour – qui selon diverses organisations représentatives du secteur, ne devrait concerner, dans un premier temps, que 30 % des établissements – nous avons choisi des musiques « à danser » de divers genres et différentes époques.

« Les Sauvages », dans « Les Indes galantes », de Rameau

En 2019, le vidéaste, plasticien, cinéaste et acteur Clément Cogitore connaissait avec Les Indes galantes de Rameau à l’Opéra Bastille l’un des succès publics les plus foudroyants jamais rêvé par un metteur en scène. La vidéo d’une courte séquence réalisée deux ans plus tôt pour la plate-forme La 3e Scène de l’Opéra de Paris, devenue virale, avait préparé le terrain. Elle exaltait dans une somptueuse « battle » de danseurs de Krump, la fameuse « Danse du Grand Calumet de la Paix exécutée par les Sauvages ». Déjà publiée dans Les Nouvelles Suites de Pièces pour clavecin de 1727 sous le titre Les Sauvages, la pièce instrumentale a été reprise en 1735 par le compositeur en version orchestrale et vocale dans le premier de ses opéras-ballets – sans conteste son œuvre la plus jouée aujourd’hui – dont la création par l’Académie royale de Musique le 23 août fit un four.

Il ne faisait aucun doute que cette « Danse des Sauvages » version urbaine ferait le clou du spectacle : apothéose de puissance et de virtuosité de danseurs athlètes, magnifiquement réglée par la chorégraphe Bintou Dembélé. Une version moins inédite cependant qu’il n’y paraît : déjà dans l’air de la rue en 2015, cette musique rythmée qui prend fait et cause pour une société indigène proche de la nature contre les colonisateurs français et espagnols, avait servi au travail de Julien Chauvin et son Concert de la Loge avec des collégiens de Trappes (Yvelines), dans le cadre d’un projet mêlant musique baroque, danse hip-hop et chant choral
(visible sur YouTube). Marie-Aude Roux

« What A Life », de Scarlet Pleasure, tiré du film « Drunk »

Sans porter un jugement moral ni faire une apologie de l’alcool, le film Drunk (2020) de Thomas Vinterberg, est avant tout un hymne à la vie. Oscar en 2021 du meilleur film étranger, ce long-métrage est indissociablement lié à la performance inoubliable de l’acteur danois Mads Mikkelsen, dans le rôle d’un professeur en quête d’ivresse. Son fameux pas de danse lors de la scène finale a rejoint le panthéon des chorégraphies culte du 7e art aux côtés de Pulp Fiction, Billy Elliot, ou encore Saturday Night Fever. La fameuse scène se déroule sur les quais de Copenhague, Mads Mikkelsen est assis calmement sur un banc, tandis qu’en arrière-plan des étudiants fraîchement diplômés font la fête en dansant et buvant. Le quinquagénaire lâche soudainement prise dans un numéro bluffant, mettant pleinement à contribution ses qualités d’ancien danseur et gymnaste, le tout sur le rythme entraînant de la chanson What A Life du groupe danois Scarlet Pleasure, une electro pop fédératrice mâtinée de R & B et de sonorités tziganes. Enivrant. Franck Colombani

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