Musées, cinémas, théâtres, salles de concert : les nouvelles règles dès mercredi 9 juin

Au cinéma Grand Rex à Paris, le 19 mai 2021.

Comme l’avait annoncé le président de la République, Emmanuel Macron, le 29 avril, le déplacement de l’horaire du couvre-feu de 21 heures à 23 heures à partir de mercredi 9 juin s’accompagne, pour les salles de cinéma, de spectacles et de concert, d’un élargissement des jauges : au lieu d’un fauteuil sur trois, ce seront désormais deux fauteuils sur trois qui pourront être occupés (dans la limite de 5 000 personnes).

Pour les manifestations se tenant en extérieur, le public pourra atteindre 5 000 personnes, en configuration assise, au lieu de 1 000 auparavant, avec une jauge s’élevant à 65 % de leur capacité maximale. Pour les musées, le nombre de mètres carrés par visiteur diminue de moitié, passant de 8 m2 à 4 m2. Le port du masque reste obligatoire.

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Ces nouvelles règles vont permettre aux films de sortir dans des conditions favorables. Le long-métrage de Chloé Zhao Nomadland, distingué par trois Oscars (meilleur film, meilleure réalisation et meilleure interprétation féminine pour Frances McDormand), en salles à partir du 9 juin, va bénéficier d’une meilleure exposition que les films programmés depuis le déconfinement. « On retrouve la vraie séance du soir qui commence à 20 heures et qui représente 40 % de la fréquentation des cinémas », s’est réjoui Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français.

Réouverture des salles moyennes

Dans le secteur des musiques dites actuelles (pop-rock, chanson, électro, rap…) les grandes salles, dont les dix-sept zéniths répartis sur le territoire, aux capacités d’accueil de 6 000 à 12 000 places, les arénas, dont l’AccorHotels Arena à Paris (20 000 places) ou la halle Tony-Garnier, à Lyon (17 000 places), ne reprendront, sauf exception, leur saison qu’en septembre. Le Zénith de Paris devancera légèrement ses collègues, avec la venue du groupe américain Bon Iver prévue le 26 août. Et le zénith de Strasbourg-Europe annonce un spectacle participatif, Le Colibri et les Archanges, avec l’Orchestre du Rhin, le 19 juin.

En ce qui concerne les salles moyennes, aux capacités d’accueil de 1 000 à 4 500 places environ, le décalage du couvre-feu à 23 heures et l’augmentation des capacités d’accueil permettent à quelques lieux de rouvrir leurs portes. Dans la plupart des cas, le passe sanitaire (schéma vaccinal complet, test négatif en amont, certificat de rétablissement à la suite du Covid-19) sera exigé.

Le Dôme de Paris-Palais des sports, qui peut recevoir jusqu’à 5 000 personnes debout, maintient les concerts de Kendji Girac et d’Alain Souchon, en configuration assise. La salle parisienne la plus connue dans le monde, l’Olympia, accueillera les deux soirées du festival Les Inrocks les 10 et 11 juin, Kid Francescoli le 17 ou Louis Chedid le 26. La Cigale recevra Rover le 10, Hervé le 14, Keren Ann le 17. Mais ici, comme dans la plupart de ces salles moyennes (Le Liberté à Rennes, L’Aéronef à Lille, le Summum à Grenoble, L’Athanor à Montluçon, Les Arènes à Metz…), de nombreux concerts prévus en juin restent annulés ou reportés et la saison ne devrait reprendre qu’en septembre.

La Fête de la musique, qui se déroulera le 21 juin, sera soumise à des règles sanitaires strictes

Quant à la Fête de la musique, le 21 juin, elle sera soumise à des règles sanitaires strictes, comme l’a précisé le ministère de la culture, lundi 7 juin, dans un communiqué. Les concerts dans les bars et restaurants ne seront pas autorisés ; ceux qui pourront se tenir dans des lieux autorisés devront respecter une configuration assise, en extérieur comme en intérieur, et sans dépasser la jauge de 65 % . Et le couvre-feu ne pourra pas être dépassé.

Décaler les représentations

Pas de grands changements dans les théâtres, sinon qu’ils se réjouissent d’élargir la jauge à 65 %, comme au Théatre de la Bastille, à Paris, qui refuse du monde pour Je suis le vent, de Jon Fosse, par les Flamands du TgStan, et se prépare à accueillir, à partir du 9, Maîtres anciens, de Thomas Bernhard, joué par Nicolas Bouchaud. Le couvre-feu à 23 heures permet par ailleurs aux salles de décaler les représentations – ce qu’elles avaient souvent anticipé.

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Ceux qui peinaient à décrocher une réservation pour une visite au musée vont pouvoir retenter leur chance grâce à la révision de la jauge, qui permet de doubler le nombre de visiteurs. La réservation préalable demeure obligatoire la plupart du temps.

Et les établissements ouvrant leurs portes en soirée vont profiter du déplacement du couvre-feu : le Palais de Tokyo accueillera ainsi le public jusqu’à 20 heures à partir du 9 juin, et le Musée d’art moderne de la Ville de Paris reprendra ses nocturnes (jusqu’à 22 heures) les jeudis pour les expositions temporaires.

Service culture

Le Monde