Musique : à Rouen, Stephan Eicher accoste sur les rives du plaisir partagé

Stephan Eicher et Rodolphe Burger en concert avec Le Radeau des inutiles, le 6 juillet 2021, au 106 à Rouen (Seine-Maritime).

De mi-mai à fin juin, Le Radeau des inutiles se trouvait en Suisse, à différents endroits, en plein air, sur terre. Un vrai radeau, avec planches montées sur des tonneaux et caisses, un mat et sa voile de guingois, des cordages… Et un piano, des guitares, une basse, des amplificateurs. La structure sert de scène aux concerts de Stephan Eicher. Elle a quitté le pays natal du chanteur, guitariste et auteur-compositeur pour la presqu’île Rollet, à Rouen (Seine-Maritime). Amarrage du 6 au 10 juillet.

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Elle devait rester sur l’espace herbeux de la presqu’île, près du 106, la salle des musiques actuelles qui reçoit Eicher. Les prévisions météorologiques, vent et pluie annoncés, ont amené les organisateurs à décider d’une installation en intérieur. « J’ai été un peu déçu, explique Stephan Eicher, quelques heures avant la première soirée, mardi 6 juillet. Puis j’ai eu la vision de Jonas avalé par la baleine et qui, après quelques jours, a été recraché. C’est un peu pareil, on sera là un moment et puis on repartira. » Sans le radeau, pour quelques festivals en France. Puis de nouveau en Suisse et avec radeau « sur un glacier, à la Fondation Beyeler à Bâle, près d’une piscine, sur une île, un alpage »

Stephan Eicher, chanteur : « Alors nous, les gens de spectacle, on a seulement à montrer au public, le faire rire, le faire pleurer, amener de la poésie »

Pourquoi Le Radeau des inutiles (Das Floss der Unnötigen, en suisse allemand, « qui veut plutôt dire “ceux dont on n’a pas besoin” ») ? « Avec la pandémie, les confinements un peu partout, j’avais entendu en France ce terme de “non essentiel”. Et plus globalement ce truc de la société, renforcé par cette crise, de qu’est-ce qui est utile, qu’est-ce qui est inutile. Les profs de yoga, les ouvriers remplacés par des machines, les artistes… Alors nous, les gens de spectacle, on a seulement à montrer au public, le faire rire, le faire pleurer, amener de la poésie. »

Récent récipiendaire du Grand Prix suisse de musique, doté de 100 000 francs suisses (91 500 euros), Stephan Eicher les a investis dans l’aventure du radeau. Il a souhaité, en Suisse, que les concerts puissent être en accès libre, tout en proposant un système de participation du public qui choisit « quelle valeur il veut donner au concert, à la culture ». Et que tous, musiciens et équipes techniques, soient payés à égalité. « Il y avait aussi des dégustations, du bon vin. Les participations ont été de 10 à 1 000 francs. On tourne aussi un film. Si je n’avais pas financé, pas un producteur ne l’aurait fait, je pense. »

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