Musique : l’allégresse folâtre du Léon Phal Quintet à Nancy Jazz Pulsations

Léon Phal Quintet en concert au Nancy Jazz Pulsations, salle Magic Mirrors, le 7 octobre 2021. De gauche à droite : Gauthier Toux (piano), Zacharie Ksyk (trompette), Rémi Bouyssière (contrebasse), Léon Phal (saxophone) et Arthur Alard (batterie).

Jeudi 7 octobre, 20 heures, salle Magic Mirrors du NJP (Nancy Jazz Pulsations), Léon Phal Quintet. Soit, autour du jeune autant que sémillant saxophoniste, Zacharie Ksyk son alter ego (trompette), Gauthier Toux aux « claviers » (« keyboards » vous a une autre allure), Arthur Alard (batterie) et Rémi Bouyssière (double basse).

Ça sonne, ça klaxonne, unissons sax et trompette éblouissants ! Gauthier Toux distribue toute sorte de propositions sonores… Une allégresse folâtre autant que soigneusement maîtrisée s’empare du groupe… Lumières et fumigènes au rendez-vous : parfait ! Léon Phal, sax franco-suisse bardé de médailles poursuit sa course. Depuis Canto Bello (2019), album autoproduit, en passant par Dust to Stars (Kyudo Records, 2021), il est sacré « révélation » de ceci ou de cela. Léon Phal apporte, c’est certain, une fraîcheur et même une certaine candeur réjouissante.

Sa présence à la 48e édition du NJP est plus qu’emblématique. Pas seulement parce qu’il a été propulsé « Tremplin Nancy Jazz Up ! 2019) ». Léon Phal apporte un entrain, une joie qui doivent autant à Roy Hargrove qu’au hard bop débridé. Tel est l’esprit du NJP, jazz ou pas, sans en démordre. C’est qu’à la source, en 1973, il y a des types et des typesses qui ont des idées sur la question. Programmant Sun Râ, l’Art Ensemble of Chicago, Chris McGregor et sa confrérie du souffle (Brotherwood of The Breath, très gonflé, à l’époque), Frank Wright, Terry Riley, on en passe et des meilleures…

L’exquise salle Poirel

Nancy, vous ne pouvez imaginer, n’était en rien la ville à terrasses hors de prix et jardins éphémères qui s’époumone à courir après la classe des villes européennes, alors que Nancy détenait une classe sans nom. Léon Phal ouvre l’un des festivals qui osent tenir leur rang. Salle Poirel – l’exquise salle Poirel qui fait pendant au Magic Mirrors, au Chapiteau, au Hublot ou à l’Autre Canal –, salle Poirel cependant, Jean-Marie Machado présente son ensemble Majakka : Keyvan Cherimani (zarb), Jean-Charles Richard (sax), Vincent Ségal (cello).

C’est une musique où vous devez impérativement citer tous les acteurs. Pourquoi ? Parce que chaque musicien est un compositeur de l’instant. Ceci seulement : mercredi 6 octobre, l’illustre Michel Portal, 86 ans aux fraises, y présentait son magnifique programme. La discographie en « jazz » de Michel Portal n’est pas géniale. MP85 tranche indiscutablement. Non seulement, c’est une bonne nouvelle discographique, mais il y avait quelque émotion à voir le public de la salle Poirel, sortir mercredi 6 octobre, les larmes aux yeux… Cher Portal…

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