Musique : le « Nocturne » apaisant de David Walters

David Walters (guitare), Roger Raspail (percussions), Ballaké Sissoko (kora) et Vincent Segal (violoncelle), en janvier 2020.

Dans une chambre d’hôtel parisien, où il est venu passer quelques jours, le guitariste et chanteur David Walters savoure son bonheur. Il répète en compagnie de Vincent Segal (violoncelle), Ballaké Sissoko (kora) et Roger Raspail (percussions), les talentueux complices en compagnie desquels il a enregistré Nocturne, élégant et solaire album acoustique de chansons en créole antillais, et, le 26 octobre, il jouera avec eux sur la scène de la Cigale – un concert deux fois repoussé pour cause de restrictions sanitaires liées au Covid-19. « Je n’ai pas d’ambition de ouf et pas d’autre rêve que celui que je vis en ce moment : rencontrer du public, jouer ma musique avec Ballaké, Vincent et Roger, ça me suffit. »

Faisant suite à Soleil Kréyol, paru en janvier 2020, enregistré et coproduit avec le Lyonnais Bruno « Patchworks » Hovart, dans lequel apparaissaient de nombreux invités, Nocturne, « c’est l’histoire de quatre hommes qui jouent sans casque et sans format donné, sauf celui d’être à l’écoute de son voisin de jeu, des variations, des imprévus. L’album est comme une photo argentique du moment que nous avons partagé tous les quatre et que nous essayons de revivre en concert. Le répertoire évolue au fil du temps, s’enrichit de chacun, car nous nous donnons de plus en plus de liberté, musicalement, comme dans les sessions de jazz d’antan, des sessions one shot ».

Le titre de l’album est, lui, lié à « une musique dans laquelle [David Walters] plonge après les grosses journées de boulot, les concerts ou l’effervescence : les Nocturnes, de Chopin » : « J’écoute cela régulièrement, comme pour faire un reset, un retour au calme, explique le musicien. Finalement, c’est dans cette ambiance feutrée, intérieure et presque sombre que je me ressource – autant que sous le soleil, d’ailleurs. »

Le créole, « langue poétique »

Le soleil ? Celui de Marseille, où ce natif parisien vit depuis dix-neuf ans : « Trois cents jours de soleil par an, la mer accessible à tous. Une ville épicée, l’une des plus belles du monde ! » Le soleil aussi des contrées que ce quadragénaire a sillonnées avec gourmandise et une intense curiosité. Il a filmé, pendant plusieurs années, des documentaires pour la série Les Nouveaux Explorateurs de Canal+, aux Etats-Unis, en Colombie, en Afrique du Sud, en Corée, en Inde… Puis, il a produit, pendant un an, une série documentaire en vingt et un épisodes sur Cuba, Cuba Music Road Trip (disponible sur le Web).

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« Le voyage est une grande leçon de modestie et de dépouillement », disait l’écrivain voyageur suisse Nicolas Bouvier (1929-1998). « Le voyage, c’est partir avec des clés qui ne sont pas dans les valises, ajoute en écho David Walters. Cela peut être une recette de cuisine, un savoir qu’on va échanger au gré des rencontres. Cela permet aussi de beaucoup relativiser. On se plaint trop, parfois. Aller faire un tour ailleurs, ça calme. »

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