Musique : reprise des concerts et des tournées sur fond de fragilités

Le Marché des musiques actuelles (MaMA), convention professionnelle et festival.

Derrière le proverbe « après la pluie le beau temps », un point d’interrogation. C’est sous cet intitulé qu’a été organisé, mercredi 13 octobre, un débat à propos des concerts et tournées sur fond de crise sanitaire liée au Covid-19, lors du premier des trois jours du Marché des musiques actuelles (MaMA), à Paris. La convention regroupe les professionnels du spectacle vivant, de l’édition, du marché de la musique enregistrée… et propose, en soirée, un festival d’artistes émergents, dans diverses salles du quartier Pigalle-Barbès.

Dix-huit mois d’une quasi-inactivité en Europe en ce qui concerne principalement les gros événements et le secteur privé, commencée à des dates proches, début 2020, selon les pays, jusqu’à une reprise plus ou moins perceptible cet automne : tel est le constat initial partagé par l’ensemble des intervenantes et intervenants.

Audrey Guerre, coordinatrice de Live DMA, structure qui regroupe plus de 3 000 salles, clubs et festivals dans dix-sept pays européens, a ainsi indiqué qu’il y avait eu 78 % de concerts en moins en 2020 jusqu’à mi-2021, par rapport à 2019. Si ce taux correspond aux structures fédérées par Live DMA, il est représentatif de ce qu’a vécu l’ensemble du secteur. Un peu partout, la plupart des grandes salles sont restées fermées en 2020 et dans les premiers mois de 2021, et les gros festivals avec plusieurs dizaines de milliers de personnes chaque jour n’ont pas eu d’édition deux années de suite.

Si le retour des artistes sur scène a débuté à partir de l’été – plutôt dans des petites salles, des festivals de jazz ou de musique classique –, ce sont d’abord ceux des différents marchés locaux qui ont pu se produire. Avec des résultats variés en termes de fréquentation, selon la notoriété des artistes, les genres musicaux. Complet ici, à moitié plein ailleurs, parfois même pour des vedettes, sans citer de noms.

« Regagner la confiance du public »

« On sent quand même que les gens ont envie de revenir aux concerts, qu’il y a l’idée que ça va aller mieux », a indiqué Márcio Laranjeira, de Lovers & Lollypops, structure d’organisation de concerts et de production phonographique portugaise. Quand Coralie Berael, directrice du Forest National, la grande salle de 8 000 places de Bruxelles, annonce qu’à la vingtaine de concerts en novembre habituellement « seuls cinq sont programmés » pour cette période, cette année.

Les reports, parfois deux ou trois fois, et les annulations auraient rendu le public prudent, qui achète de plus en plus souvent ses billets au dernier moment. Ce qui fragilise les montages financiers des tournées préparées plusieurs mois en amont.

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