« Mytho », « Sermons de minuit », « Atlantic Crossing » : les séries de la semaine

LA LISTE DE LA MATINALE

En attendant l’ouverture de Canneséries, la semaine prochaine, et l’arrivée d’ici à la mi-octobre de plusieurs titres très attendus (Validé, Succession…), voici trois séries qui permettront à tous ceux qui ont déjà fini Squid Game de patienter. Vous avez le choix entre la famille Lambert qui se déchire dans la saison 2 de Mytho, les phénomènes inquiétants de Sermons de minuit, et l’amitié (voire plus) entre la princesse Martha de Norvège et Franklin Delano Roosevelt, président des Etats-Unis d’Amérique.

« Mytho » : la métamorphose d’Elvira Lambert

Il arrive que les séries mutent sous nos yeux. Mytho avait entamé sa métamorphose en cours de première saison, lorsque la comédie noire imaginée par Anne Berest (une mère de famille gagne enfin l’attention et l’affection des siens en s’inventant une tumeur) avait glissé dans une dimension fantastique, dans laquelle on discernait mal ce qui attendait Elvira Lambert (Marina Hands) et sa tribu. Au terme des six épisodes de cette deuxième saison, on est fixé : malgré quelques intermèdes plus légers, on est en pleine tragédie. Après les Atrides et les Ewing, les Lambert se déchirent, s’éloignent et se retrouvent au gré de révélations sur le passé d’Elvira, de chagrins d’amour sur fond d’homophobie (Sam, l’enfant fluide, qu’interprète Jérémie Gillet, reste l’une des figures les plus attachantes du clan) et, bien sûr, de la progression de l’emprise de la terrifiante Mme Menard (Catherine Mouchet) sur Carole (Minette), l’aînée des Lambert.

Cet entrecroisement de drames ramène Mytho sur des sentiers plus fréquentés que ceux de la première saison, et c’est à la mise en scène de Fabrice Gobert et Romaric Thomas ainsi qu’à l’image de Patrick Blossier qu’incombe la tâche de préserver la charge d’étrangeté qui fait le charme de la série. Avec ses citations de Stanley Kubrick ou de Wes Anderson, son amour des symétries pavillonnaires troublées par les dérapages des personnages, Mytho avance sans que l’on sache mieux cette fois-ci où la série veut nous conduire. Ce qui la rend aussi attirante qu’agaçante. Thomas Sotinel

« Mytho »,saison 2, série créée par Anne Berest et Fabrice Gobert, avec Marina Hands, Mathieu Demy, Minette, Jérémie Gillet, Zélie Rixhon, Catherine Mouchet, Luca Terraciano (France, 2021, 6 × 50 min). Trois épisodes sur Arte les 7 et 14 octobre à 20 h 55, sur Arte.tv jusqu’au 27 octobre.

« Sermons de minuit » : les fantômes de l’ennui

Devenu, depuis The Haunting of Hill House, une sorte de spécialiste Netflix de l’horreur psychanalytique, celle qui fait de nos traumas intimes la matrice des fantômes, esprits frappeurs et autres apparitions démoniaques, le scénariste Mike Flanagan livre, avec Sermons de minuit (Midnight Mass en VO), un de ses projets les plus personnels. Inspiré par les décors de sa jeunesse – les côtes de la Nouvelle-Angleterre – et son expérience d’enfant de chœur, il y met en scène une communauté de pêcheurs désargentés dont la foi se trouve requinquée par l’arrivée d’un jeune prêtre charismatique. Bientôt, des phénomènes inquiétants succèdent aux miracles et la communauté, déjà divisée par le retour au pays d’un homme ayant tué une jeune fille dans un accident de voiture quelques années plus tôt, se déchire sur le sens à leur donner.

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