Noémie Malaize : « Je suis devenue végétarienne, j’adore les légumes, et l’un de mes repas favoris, c’est le pique-nique »

Noémie Malaize à Paris, le 21 mai.

« Je n’ai jamais vécu plus de trois ans au même endroit. Je suis née à Caen, en Normandie, et nous avons aussitôt déménagé sur la côte, puis du Limousin à la Polynésie française, de la Touraine à la Martinique. Mon père est médecin hospitalier, ma mère infirmière, et tous les deux ont toujours aimé bouger et changer régulièrement de décor.

La Polynésie fut un magnifique bouleversement dans ma vie. Je venais d’entrer en 6e à Amboise, nous sommes partis en milieu d’année, pour atterrir sur une petite île du Pacifique nommée Raiatea, d’un peu plus de 12 000 habitants. C’était le paradis pendant deux ans.

L’un de mes meilleurs souvenirs, c’est la tradition polynésienne des ma’a Tahiti, sortes de grands festins rassemblant les familles sur des petites îles du lagon, que l’on surnomme les “mots”. Chacun apporte un plat, et l’on partage tous les mets ensemble. C’était magique.

« J’ai découvert en Martinique une palette nouvelle de goûts, de couleurs, d’épices, de spécialités. »

Cela a été très différent pour la Martinique : après deux ans en Touraine, on m’a annoncé que j’allais faire ma seconde aux Antilles. C’était dur de perdre (à nouveau) mes amis et moins facile de s’intégrer là-bas à cet âge, mais j’y ai là aussi découvert une palette nouvelle de goûts, de couleurs, d’épices, de spécialités. Un an plus tard, nous étions revenus à Caen.

J’ai tant bougé dans mon enfance qu’aujourd’hui je ressens un besoin fort de m’ancrer, d’appartenir à un lieu, à une région. Quand on me demande d’où je viens, je réponds “Normandie”, car c’est un territoire dont je me sens proche, même si je n’y ai pas vécu très longtemps. Il me faut être en terrain connu, balisé, sans doute parce que j’ai si souvent été projetée dans l’inconnu.

J’ai fait des études de design graphique à Paris, à Angers, puis à Bristol, où mon compagnon faisait un programme Erasmus. J’ai axé mon diplôme de fin d’études sur les parcs nationaux, ce qui était un excellent prétexte pour se balader. Car nous avons tous les deux une passion pour la randonnée et la nature.

Préparer des salades sur le pouce

Je suis devenue graphiste militante après une expérience en creux pour un studio qui faisait des publicités et qui m’a convaincue que je ne voulais surtout pas faire ça, mais plutôt travailler selon des valeurs engagées, notamment dans le domaine de l’alimentation.

Côté cuisine, ma mère se débrouille très bien, même si, quand nous étions petits, elle n’hésitait pas à recourir aux surgelés et à “M. Eismann”, qui nous livrait des plats toutes les semaines. J’ai récemment rassemblé une petite collection de recettes familiales (soufflé au fromage, gougères sauce madère, flan antillais), mais je me suis aperçue que je ne les reproduisais pas. Je suis devenue végétarienne, j’adore les légumes, et l’un de mes repas favoris, c’est le pique-nique.

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Deux à trois fois par an, mon compagnon et moi partons bivouaquer et remplissons le coffre de notre petite voiture de ce qu’il faut pour préparer des salades sur le pouce : légumes de saison, vinaigrette maison, condiments savoureux. La “salade balade” se fait à l’Opinel, directement dans le bol, en fonction de ce qu’on a sous la main, et devant un beau paysage. C’est comme cela qu’elle est bonne. »

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Le site de Noémie Malaize.