« Nous nous tenons prêts à ouvrir le 30 juin » : l’espoir des patrons de discothèques pour cet été

Devant une discothèque, à Sète (Hérault), en novembre 2020.

Si rien n’est encore officiel, la réouverture des discothèques serait imminente, selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) et le Groupement national des indépendants (GNI), réunis en conférence de presse, jeudi 10 juin. Les deux syndicats, qui présentaient leur proposition de protocole sanitaire pour leurs établissements, ont affirmé « qu’il n’est plus question d’une réouverture ou pas, mais plutôt des modalités de [celle-ci] ». Date espérée de la reprise des festivités dansantes : le 30 juin, si le secteur arrive à convaincre le ministère de la santé, qui préférerait la date du 2 juillet. De son côté, Bercy aurait déjà donné son feu vert.

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Concrètement, l’UMIH et le GNI proposent deux phases pour la réouverture des pistes de danse. La première, du 30 juin au 30 juillet, autoriserait les boîtes de nuit à accueillir, en intérieur, 65 % de l’effectif maximum du public habituellement autorisé, et 85 % en extérieur. La seconde, du 31 juillet au 28 août, prévoirait une jauge de 85 % en intérieur, et 100 % en extérieur. Autre limite : les établissements en intérieur pourront admettre, simultanément, un maximum de 1 000 personnes, puis de 1 500 dans la seconde phase. Les établissements en extérieur pourraient, eux, accueillir jusqu’à 3 000 personnes simultanément dès leur réouverture.

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En ce qui concerne les mesures sanitaires, elles se situeraient d’abord en amont de l’entrée dans la discothèque. Le client devrait présenter un passeport sanitaire valide, c’est-à-dire soit la preuve d’être vacciné depuis au moins deux semaines, soit un test (PCR, antigénique ou autotest) négatif, effectué dans les quarante-huit heures avant l’entrée dans la discothèque.

Quinze mois de fermeture

Le projet de protocole prévoit une autre option, pour le moins inattendue : les fêtards non encore vaccinés pourront entrer, s’ils réalisent un autotest salivaire sur place, « à faire soi-même, sous les yeux des agents de sécurité », précisent Thierry Fontaine et Jérôme Guilbert, présidents des branches discothèques des deux syndicats. Le protocole ne prévoit pas de personnel de santé présent à l’entrée des établissements pour assurer une utilisation adéquate des tests.

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Pourtant, « le prélèvement des autotests n’étant pas réalisé par un professionnel de santé, la possibilité d’obtenir un “faux négatif” causé par une erreur de prélèvement est bien réelle », peut-on lire sur le site du ministère des solidarités et de la santé. A qui incomberait le coût du test ? C’est « encore à définir », mais « on pourrait récupérer ceux de l’éducation nationale, qui ne sont pas utilisés. Cela ferait faire des économies à l’Etat », avancent les deux représentants de la profession.

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Les discothèques attendront néanmoins le 21 juin avant de fixer la date où stroboscopes et tables de mixages pourront être rallumés. Ce sera pour le jour de la Fête de la musique que « le président de la République s’est engagé à [les] rencontrer », affirment M. Fontaine et M. Guilbert. « Nous attendons beaucoup de ce rendez-vous », soulignent-ils.

Après plus de quinze mois de fermeture, le secteur ne compte plus que 1 600 établissements. Et déplore environ 300 dépôts de bilan, selon les syndicats.

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