« Nous, présidents de département, refusons que les jeunes demeurent l’angle mort de ce gouvernement »

Depuis plus d’un an, la pandémie a tendu à la société française un miroir grossissant de ses inégalités, de ses fragilités. A côté de l’impact sanitaire et économique qui marquera durablement notre société, la pandémie a agi comme un révélateur des mécanismes d’exclusion et de la pauvreté qui la fracturent. Dans cette crise si violente, un triple mécanisme est à l’œuvre.

En paralysant l’économie et les dynamiques d’insertion, la pandémie a d’abord empêché les personnes en précarité d’en sortir. En déstabilisant toutes nos relations sociales et les structures collectives qui les soutiennent, elle a ensuite précipité dans la pauvreté des milliers de salariés et d’indépendants au statut déjà précaire, d’intermittents, à temps partiel ou en contrat à durée déterminée (CDD).

Enfin, et c’est un choc, elle a lourdement pesé sur la jeunesse, collégiens, lycéens, étudiants, jeunes sans emploi ni formation, sans statut, tous nos jeunes, à un moment charnière dans leur vie et avec, peut-être, des conséquences néfastes à long terme.

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Nous le savons, les effets de la crise sont loin d’être homogènes pour toute la population et dans tous les territoires. Face à cette crise, les acteurs publics ont dû s’organiser et il a fallu rapidement parer au plus pressé. Les Français ne s’y trompent pas. Pour près de la moitié d’entre eux, ils jugent que l’action des départements, avec leurs moyens et leurs contraintes, a été à la hauteur pour gérer la crise.

Accueil et insertion

Concrètement, nous avons permis le cumul du revenu de solidarité active (RSA) avec les revenus issus de travaux saisonniers afin de ne pas précariser encore plus un public déjà fragilisé. Nous avons accompagné des milliers de nouveaux allocataires du RSA, passés en quelques semaines de revenus décents au RSA. Nous nous sommes concentrés sur un travail qualitatif d’accueil et d’insertion, grâce à l’automatisation des aides.

Nous avons créé des fonds d’aides de plusieurs millions d’euros à destination des artisans et des commerçants afin qu’ils puissent encore honorer leurs factures. Nous avons utilisé tous les moyens à notre disposition pour soutenir l’économie locale et des secteurs-clés comme l’agriculture ou le tourisme, tout en continuant à irriguer les acteurs associatifs très sollicités durant cette période. Nous avons contribué à limiter les inégalités d’accès aux protections sanitaires, aux biens de première nécessité grâce aux « bons solidaires » ou encore aux outils numériques pour les plus jeunes.

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