Nouveaux plans d’épargne retraite : attention aux frais

La somme des frais de gestion des PER s’élève déjà à près de 3 %, sans même compter les autres frais (sur versement, d’arbitrage, etc.)

Les nouveaux plans d’épargne retraite (PER) connaissent un réel succès avec 2,8 millions d’épargnants en quinze mois et, au total, le stock d’épargne retraite était de 269 milliards d’euros à la fin de 2020, contre 230 milliards en 2018 indique un rapport de Corine Dromer, la présidente du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) publié mardi 20 juillet.

Leur création par la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) « a donné un considérable essor à l’épargne dédiée à la retraite et a contribué à une prise de conscience chez les jeunes générations de l’importance qu’il y avait à se constituer une épargne retraite supplémentaire. Ces changements ont fait du produit d’épargne retraite un produit simple à comprendre et attractif », se félicite-t-on dans le texte de la présidente de CCSF.

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Cependant, le rapport, commandé le 18 février 2021 par Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, souligne plusieurs problèmes qui pourraient freiner son développement. D’abord, « les frais des PER individuels assurance, qui incluent les frais des assureurs et les frais des sociétés de gestion, sont nombreux, quels que soient les acteurs et les contrats considérés, et cette accumulation de frais pèse sur le rendement des contrats a fortiori dans un environnement de taux bas », souligne le rapport. A titre d’exemple, la somme des frais de gestion s’élève déjà à près de 3 %, sans même compter les autres frais (sur versement, d’arbitrage, etc.).

Ensuite, le rapport regrette que l’information sur ces frais soit « peu accessible sur les sites internet de nombreux établissements avec des informations très parcellaires ». Une situation qui ne permet pas à celui qui veut investir pour sa retraite de comparer facilement les tarifs afin de choisir son contrat.

Plus de concurrence

Le rapport pointe néanmoins l’apparition de « nouvelles offres simplifiées et adaptées à un large public : des frais bas et limités en nombre, une commercialisation digitale avec information complète et accessible par Internet et permettant la constitution d’une épargne indolore avec des versements volontaires de petits montants ». Ces offres seront-elles une incitation à plus de concurrence et permettront-elles une baisse des tarifs ? « A cet égard, l’émergence d’une offre de PER en compte titres d’un grand réseau bancaire pourrait y contribuer », note le rapport.

En attendant, le rapport de la présidente du CCSF recommande à ce que chaque prospect bénéficie « d’une information complète sur les frais avant la souscription ». Il demande ensuite à ce que le souscripteur d’un PER reçoive sur son relevé d’information annuel un détail de tous les frais qui affectent son épargne. A moyen terme un observatoire des frais des PER à l’instar de l’observatoire des frais bancaires mis en place en 2011 pourrait être créé. Néanmoins, le travail réalisé par Sémaphore Conseil pour ce rapport de la présidente du CCSF montre que cette mise en place ne sera possible que si les promoteurs de PER rendent l’information tarifaire plus accessible.