Nouvel album de Drake : certifié mais sans originalité

Drake lors des Billboard Music Awards, à Las Vegas, en 2019.

Cinq jours après la sortie du dixième album de Kanye West, le rappeur canadien, Drake, recordman jusqu’à alors du nombre de streamings (écoute en ligne) à la sortie d’un disque, publie son sixième album, Certified Lover Boy (Universal Music). Les deux artistes nord-américains ont dix ans de différence, 44 ans pour le premier, 34 ans pour le second, mais à peu près la même conception de leur métier : gagner, être au sommet des hit-parades, et accessoirement faire de la musique.

Depuis 2018 et la sortie de Scorpion pour lequel il avait cumulé, en une seule journée, plus de 300 millions d’écoutes sur les plates-formes Apple et Spotify, Drake promettait un digne successeur mais crise sanitaire oblige il avait dû décaler plusieurs fois ce disque de vingt et un morceaux. L’agitation médiatique autour de la sortie de Donda, de Kanye West, l’a semble-t-il passablement agacé – d’autant plus que le rappeur de Chicago s’est offert plusieurs panneaux publicitaires dans sa ville, Toronto. Défi qu’il a relevé en se lançant lui-même dans une surenchère d’écrans géants à New York et à Atlanta.

Lire le focus : « Scorpion », l’album de Drake qui fait tomber les records

Musicalement, ce Certified Lover Boy n’a rien d’original. L’album ressemble en tout point au style de Drake depuis le début de sa carrière : un tiers de chansons de « lovers », qui à l’instar de Papi’s Home reprend le Daddy’s Home du chanteur de R & B Montell Jordan, ou de TSU qui reprend le Half on a Baby de la star controversée du genre, R. Kelly. Un autre d’egotrips où il va jusqu’à se comparer à Michael Jackson… Enfin, un dernier tiers, plus inspiré, notamment lors de duos, tel le remarquable Fountains avec le chanteur et producteur nigérian Tems. Ce n’est pas la seule collaboration réussie de l’album : Drake, qui en a les moyens, s’est offert une liste d’invités prestigieux, piquant même quelques featurings à son rival, Kanye West.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Avec « Donda », Kanye West dilue son talent

Le rap émotif l’a révélé au grand public

Lui aussi a invité Jay-Z, présent pour un couplet fatigué sur Love All, Travis Scott pour Fair Trade ou Lil Baby pour Girls Wants Girls. Mais dans ce disque, il faut surtout retenir You Only Live Twice avec les deux champions du sud des Etats-Unis, Rick Ross, de Miami, et Lil Wayne, de La Nouvelle-Orléans. En revanche, mieux vaut oublier le Way 2 Sexy avec le ping pong entre les deux rappeurs d’Atlanta, Future et Young Thug. Le très sirupeux Get Along Better avec Ty Dolla $ing est en revanche ce que Drake fait de mieux en matière de rap émotif, style qui l’a révélé au grand public avec des titres comme Best I Ever Had.

Il vous reste 22.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.