Nuits des étoiles: le ciel vous attend

Du 6 au 8 août, l’Association française d’astronomie invite le grand public à observer le ciel, et notamment la pluie d’étoiles filantes qui illumine les nuits d’août.

Un coin de campagne sans pollution lumineuse alentours, une couverture, des yeux aiguisés et un esprit rêveur: une fois la nuit tombée, installez-vous et levez les yeux au ciel pour profiter de l’une des trois Nuits des étoiles des 6, 7 et 8 août. Un spectacle gratuit animé comme chaque année au milieu de l’été par l’Association française d’astronomie. Des centaines de sites d’observation sont proposés, animés par des astronomes amateurs. Le programme complet est disponible sur le site de l’association, afastronomie.fr.

Il faudra toutefois espérer que le ciel de l’été 2021 essuie un peu ses larmes et renonce à gâcher la fête: Météo-France annonce pour samedi soir des nuages sur une très large partie du pays, Sud-Est excepté. Un peu plus de clémence céleste est attendu dimanche soir. Bonne nouvelle en revanche, la lune se fera discrète et son éclat n’éteindra pas ses lointaines compagnes nocturnes: faisant sa mue mensuelle à partir de dimanche, elle sera invisible ou presque pendant ces trois Nuits des étoiles.

La carte du ciel du 7 août à 22 h (T. U. + 2). Bertrand d’Armagnac / Stelvision

Un peu après 21 h 20, heure du coucher du soleil (samedi à la latitude de Paris ; c’est un peu plus tôt à l’est, un peu plus tard à l’ouest) vous pourrez d’abord admirer la plus brillante des planètes, Vénus, assez bas sur l’horizon (environ 10° au-dessus de l’horizon, plein ouest) ; attention, la couche-tôt disparaîtra sous l’horizon une heure plus tard. Prendront le relais, pour toute la nuit, Saturne (10° sud-est, puis jusqu’à 22° direction sud vers 1 h 30) et Jupiter (5° est-sud-est à 22 h 30, puis jusqu’à 28° horizon sud vers 3 heures). Un simple télescope pourra vous dévoiler les anneaux de l’une et les satellites de l’autre.

Mais il vous faudra attendre la fin du crépuscule astronomique (23 h 38 ce samedi soir à Paris) pour profiter pleinement du spectacle… Cherchez alors les étoiles: les points scintillants de Véga, Deneb et Altaïr (elles font partie du «triangle d’été» composé des constellations de la Lyre, du Cygne et de l’Aigle), le trait blanchâtre de la Voie lactée, le nuage en spirale de la galaxie d’Andromède… Des cartes du ciel, que l’on peut régler aux date, heure et lieu souhaités, sont disponibles notamment sur stelvision.com (carte ci-dessus).

Un rythme effréné

Mais les stars de ce trentième anniversaire des Nuits des étoiles seront les étoiles filantes, petites poussières de comètes ou d’astéroïdes qui se consument à leur entrée dans l’atmosphère. Août nous offre les Perséides: débris de la comète Swift-Tuttle, ils foncent à plus de 200.000 km/h et s’«allument» à 115 km au-dessus de nos têtes pour mourir à quelque 90 km d’altitude. Le tout à un rythme effréné: près de 100 étoiles filantes par heure lors du pic, qui aura lieu cette année dans la nuit du 12 au 13 août!

Les Perséides ont cet avantage par rapport à l’autre pluie régulière et intense d’étoiles filantes que sont les Quadrantides (elles, visibles début janvier), d’entrer dans notre atmosphère en août alors que le ciel est (généralement…) dégagé et les températures nocturnes assez clémentes pour inviter à l’observation. Posez ici lunettes et télescope: votre œil sera un bien meilleur observateur, car lui seul «offre une vision “grand angle” qui permet de saisir l’ensemble du phénomène», glisse l’Association française d’astronomie.

Mais en les guettant (elle semblent venir d’un point situé au-dessus de l’horizon nord-ouest, dans la constellation de Persée), rappelez-vous que ces filantes ne sont pas seulement l’occasion de rêver en faisant des vœux. «Les comètes et les astéroïdes dont elles sont issues sont les corps célestes les plus anciens de notre Système solaire. Les étudier, c’est étudier notre histoire, celle de la Terre et de notre système planétaire», plaide l’Association française d’astronomie, qui rappelle que la composition des comètes et, dans une moindre mesure, des astéroïdes est la même qu’à la naissance du système solaire. Regarder les Perséides, c’est faire un bond jusqu’aux premiers âges du monde…