« Obama, la promesse américaine » sur OCS Max : un album photo entre ombre et lumière

Barack Obama président, dans le bureau Ovale, le premier jour de sa prise de fonctions, le 21 janvier 2009.

OCS MAX – MERCREDI 20 OCTOBRE À 20 H 40 – DOCUMENTAIRE

Antinostalgiques s’abstenir. Alors que Joe Biden est à la peine et que Donald Trump fourbit les instruments de sa vengeance, revoir Barack Obama – l’entendre, surtout – fait l’effet doux-amer d’un retour en arrière sur une époque révolue : celle où les Américains étaient capables d’élire un intellectuel biracial de 47 ans, avec une majorité de près de 53 % des voix.

Vu les divisions actuelles de la société américaine, il faut être un peu masochiste pour rouvrir l’album photo des Obama. Hope and change. On était bien jeunes ; et lui aussi. Silhouette élancée, long pardessus noir, Barack avait ce je-ne-sais-quoi qui fait que les jeunes y croyaient. Jelani Cobb, le chroniqueur du New Yorker qui a coproduit la docu-série en trois épisodes pour HBO, a voulu réveiller les mémoires. Rappeler aux Américains ce moment historique qu’ils avaient vécu, et dont le sens s’est perdu « à cause du chaos survenu ensuite », a-t-il expliqué au Hollywood Reporter, en août.

L’ancien président n’a pas participé au film : Michelle et lui ont signé un partenariat avec la concurrence (Netflix). Mais il a encouragé ses proches à contribuer. Le film, qui revisite sa présidence sous le prisme racial, a été diffusé à l’occasion de son 60e anniversaire, le 4 août, une fiesta à la très élitiste villégiature de Martha’s Vineyard (Massachusetts), loin du Chicago du militant idéaliste des débuts.

Une image moins angélique

Réalisé par Peter Kunhardt, un familier des biographies présidentielles, le film ouvre sur le discours sur les relations raciales, prononcé à Philadelphie (Pennsylvanie), le 18 mars 2008, à un moment où le jeune candidat démocrate est sur la sellette à cause des positions radicales de son pasteur, Jeremiah Wright. En trente-sept minutes, Obama règle leur compte à ceux qui ne comprennent pas son métissage compliqué. Lui exprime de l’empathie pour tout le monde : les Blancs, à qui il arrive, comme à sa propre grand-mère, de traverser la rue quand ils croisent un Noir. Les Noirs, qui, comme les fidèles du pasteur Wright, ont peine à croire à la sincérité d’un pays entaché par une « histoire tragique », celle des relations raciales.

Pas de scoops, mais quelques aperçus, ici ou là, qui montrent une image moins angélique d’Obama. Ambitieux, jouant des coudes pour se débarrasser de la vieille garde démocrate de Chicago, ou de son pasteur, qui témoigne de la rudesse avec laquelle il a été répudié.

A More Perfect Union (« une union plus parfaite »), c’est en partie le titre original du documentaire – une expression tirée du préambule de la Constitution de 1787. Cela n’est pas tout à fait ce que le premier président noir laisse, quand il quitte la Maison Blanche, en janvier 2017. Tea Party, populistes… En fait, c’est sous sa présidence que l’affirmation du nationalisme blanc a commencé à revenir au premier plan. Il n’était sans doute pas inutile de le rappeler.

Obama, la promesse américaine, documentaire de Peter Kunhardt (EU, 2021, 95 min).