Olivier Rousteing célèbre ses 10 ans chez Balmain

Balmain.

En 2011, un jeune homme timide et inconnu du grand public prenait les rênes de la direction artistique de la maison Balmain, à la suite du départ précipité de Christophe Decarnin. A 25 ans, Olivier Rousteing entrait dans la cour des grands avec humilité, mais déjà l’envie de bousculer les codes établis.

Mercredi 29 septembre, c’est en grande pompe qu’il a fêté ses 10 ans chez Balmain, à travers un défilé-spectacle aux allures de festival de musique, organisé dans la salle de spectacle La Seine musicale, à Boulogne. Une soirée ouverte au public, les revenus étant reversés à l’association (RED) pour la lutte contre le sida. 6 000 fans ont ainsi répondu présent, de quoi prendre la mesure de l’impact d’Olivier Rousteing sur les jeunes générations, lui qui fut longtemps le seul créateur noir à la tête d’une grande maison de mode, et l’un des premiers à prôner l’inclusivité en matière de casting, qu’il s’agisse de diversité des couleurs de peau ou des morphologies.

Gravement brûlé lors d’un incendie accidentel à son domicile en octobre 2020 – il passa une partie des mois suivants à l’hôpital –, le créateur s’est tourné vers un vestiaire plus confortable qu’à l’accoutumée, sans renier son côté sexy. « Les chambres d’hôpital, les bandages et la gaze sont devenus une partie importante de ma vie. Lorsque j’ai commencé à dessiner la collection, mes mois de convalescence se sont retrouvés retranscrits sur le papier, à travers des bandelettes, des tissages ou des bretelles se balançant. Les bagues dorées que portent les mannequins sur plusieurs doigts sont les mêmes que j’ai adoptées pour cacher mes cicatrices », détaille le designer dans sa note d’intention.

Toutes petites jupes et pantalons cargo

Sur le podium mixte de sa collection printemps-été 2022, tout cela se traduit par une garde-robe articulée autour de robes sexy très près du corps, ne couvrant que le nécessaire et aux pans de tissu se balançant le long de chaque jambe, de pantalons à la taille très basse découpés sur la hanche ou de bodys aux épaules ultra-marquées sanglés d’une épaisse ceinture dorée. Les vestes de costume libèrent les épaules pour dévoiler la peau et sont mixées à des pantalons larges tombant bas sur les hanches. De grandes vestes effilochées au possible accompagnent quant à elles de toutes petites jupes. Les pantalons cargo sont dotés de bandelettes virevoltantes jusqu’au sol.

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Pour célébrer cet anniversaire, Olivier Rousteing a aussi choisi de rééditer certaines de ses créations des débuts, ces courtes robes cages richement ornées, portées sur scène par les plus grands tops des années 1990 et 2000 : Naomi Campbell, Carla Bruni, Milla Jovovich ou encore Lara Stone, défilant sous les cris de joie du public de milléniaux. A l’issue du défilé, les 6 000 fans émerveillés ont prolongé la soirée aux sons des concerts du groupe de rock britannique Franz Ferdinand ou encore de la sensation rap du moment, l’Américaine Doja Cat… tandis que les journalistes s’étaient levés comme un seul homme pour filer raconter les défilés (ou se préserver ?). Après tout, la fashion week ne fait que commencer.

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