« On crée des lieux de vie et de travail » : l’essor du « coliving », nouvel espace de cohabitation

A mi-chemin entre coworking et colocation, le concept de « coliving », arrivé en France il y a quelques années, propose à des particuliers de vivre dans un grand logement qui propose de nombreuses parties communes et activités (salle de sport, espace de coworking, restaurant…). Un opérateur extérieur gère et anime l’espace, les services se rapprochent de prestations hôtelières, et toutes les charges sont comprises dans le prix mensuel.

Les formes de coliving varient, de la petite maison accueillant des résidents triés sur le volet à de grandes résidences comptant des centaines de chambres. Selon une étude publiée fin 2019 par la filiale immobilière de la banque BNP Paribas, le marché ne proposerait que 5 000 places pour le moment, mais ce nombre augmente de manière exponentielle.

Cette nouvelle pratique se tourne d’abord vers les jeunes actifs, qui cherchent à éviter des loyers difficilement supportables en début de carrière et souhaitent rencontrer de nouvelles personnes. « Le coliving touche des urbains, jeunes, célibataires qui vivent entre eux et ont du mal à quitter l’atmosphère de leurs études », fait remarquer Monique Eleb, sociologue spécialiste de l’habitat.

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Proposé directement par une entreprise lorsqu’elle recrute un salarié ou l’envoie en mission, le coliving peut être un argument pour attirer ces jeunes exigeants, note Claire Flurin, cofondatrice et administratrice de l’association internationale Co-Liv. « Avant la crise due au Covid, on avait déjà des signaux forts notamment dans le secteur de la tech, avec des demandes soit pour des chambres dans des sites de coliving, soit des résidences de coliving entières dédiées à l’entreprise, à la manière du campus Google. »

Bureaux collectifs

Le concept facilite l’activité professionnelle à distance, dans le prolongement du coworking. Par exemple, des bureaux collectifs avec Wi-Fi et imprimantes peuvent faire partie des équipements. « Dans nos résidences, un grand espace de travail est inclus dans les espaces communs », décrit Maxime Armand, cofondateur d’Urban Campus. « Le concept, c’est à la fois du logement et des espaces de coworking, au rez-de-chaussée ou premier étage, avec des sièges confortables, un double écran… On veut créer des lieux de vie et de travail », explique, de son côté, Géraud Le Merrer, directeur digital et marketing de Sharies.

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Alors que le bureau connaît une profonde remise en question, le coliving souhaite offrir aux entreprises une flexibilité dans l’organisation du travail, avec un service à la carte pour chaque salarié. « Le bureau de demain devient un réseau de bureaux, observe Claire Flurin. Le travailleur a pris conscience qu’il pouvait travailler de n’importe où, et cette nouvelle donne amène à penser à un bureau qui aurait une capacité d’hébergement. » Lorsque la résidence se trouve non loin des bureaux de l’entreprise, un mode de travail hybride peut être privilégié.

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