« On se projette dans le futur » : dans le Sud-Ouest, la sous-traitance aéronautique se réorganise

A l’usine Mecachrome de Sablé-Sur-Sarthe (Sarthe), en avril 2014.

« On est câblés de la même manière. » Avec son franc-parler, Gérard Russo, cofondateur et président de Ventana, une PME fondée à Narcastet (Pyrénées-Atlantiques), explique les raisons qui le poussent à se « marier » à Nexteam Group, un usineur situé à Marmande (Lot-et-Garonne). « Nos deux sociétés sont gérées de la même façon, et on partage des valeurs communes, comme l’attachement à nos collaborateurs », vante le dirigeant de cette entreprise spécialisée dans la mécano soudure, la mécanique et la fonderie de pièces moteurs et de structures pour le britannique Rolls-Royce et l’américain Pratt & Whitney.

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Autre point commun : affectés par la crise liée au Covid-19, qui a cloué au sol les avions, les deux fournisseurs ont subi une baisse de plus de 30 % de leur chiffre d’affaires. Cette fusion capitalistique, soumise à l’approbation de l’Autorité de la concurrence, devrait donner naissance à un important sous-traitant. Cette nouvelle entité totalisera 2 400 salariés et sera présente dans huit pays avec vingt-deux sites industriels. « C’est pas mal, ça commence à faire », se félicite Frédéric Gentilin, directeur général délégué de Nexteam Group, qui compte deux principaux clients, Airbus et Safran.

Cette union de raison est surtout économique : les clients seront plus nombreux, et l’éventail des métiers étendu. « Nous serons en capacité de répondre à des appels d’offres et d’investir », affirme M. Russo. L’Occitanie vit au rythme des réacteurs. Et c’est le moteur Airbus qui lui donne le tempo. Dès juillet, le constructeur montre des signes prometteurs de rebond, relevant les cadences de production de son best-seller A320 : de 45 exemplaires par mois à partir du dernier trimestre, elle passera à 64 avions mensuels dès juin 2023. Avec ces prévisions, c’est toute une filière qui respire. Car, en 2019, l’aéronautique faisait vivre 700 entreprises et 110 000 salariés.

« On relance la machine industrielle »

Pour anticiper cette reprise, Mecachrome, fabricant de pièces de structures et de moteurs d’avion, dont le siège social est désormais à Blagnac (Haute-Garonne), à proximité des donneurs d’ordre, a racheté Hitim, une PME qui produit pour Safran des axes de trains d’atterrissage et des arbres de moteurs d’avion à Annecy (Haute-Savoie) et à Roanne (Loire). « Son positionnement marché était intéressant pour nous, car nous n’étions pas sur ce secteur », commente Christian Cornille, le président, qui examine des « cibles » pour les racheter. « La reprise de sociétés est une façon de remonter en puissance et de concentrer nos forces. On relance la machine industrielle et on se projette dans le futur. »

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