Opel : le syndicat IG Metall menace Stellantis d’un « conflit massif »

Rien ne va plus entre le groupe automobile Stellantis, dirigé par Carlos Tavares, et sa filiale allemande Opel. Depuis quelques jours, le désaccord s’envenime sur la question très sensible de la gestion des sites de production de la marque à l’éclair outre-Rhin et du maintien des emplois. Vendredi 15 octobre dans la matinée, le syndicat IG Metall a menacé la direction du groupe d’une forte opposition des salariés si les plans de réorganisation venaient à être mis en place.

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Stellantis avait confirmé, le 8 octobre, une information du quotidien Handelsblatt, selon laquelle le groupe français envisage de séparer les sites de production de Rüsselsheim (Hesse) et d’Eisenach (Thuringe) de la société Opel Automobile GmbH afin de les transférer dans des entreprises indépendantes d’ici à la mi-2022. Les deux entreprises ne seraient plus liées juridiquement à Opel en Allemagne, mais directement à une unité de Stellantis, par exemple aux Pays-Bas. Le plan de restructuration prévoit, par ailleurs, que l’usine Opel de Kaiserslautern (Rhénanie-Palatinat) soit légalement scindée en deux.

Stellantis, qui existe depuis le début de l’année, regroupe 14 marques automobiles, de Peugeot, Citroën et Opel à Fiat, Alfa Romeo et Maserati en passant par Dodge, Ram et Chrysler. Carlos Tavares cherche actuellement à optimiser les capacités de production du colosse, afin de réduire les coûts. La réorganisation poursuivie chez Opel, a déclaré Stellantis, vise à « renforcer la coopération et la flexibilité au sein du réseau de production de Stellantis », afin « de sécuriser les emplois à long terme ». Au total, 4 800 employés, tous sites confondus, devraient être touchés par ce projet de réorganisation, soit plus d’un tiers des employés de la marque à l’éclair en Allemagne. Stellantis a précisé que les conditions de travail de tous les employés resteraient « inchangées » et que « les conventions collectives et accords d’entreprise existants continueraient de s’appliquer ».

Le syndicat IG Metall redoute que les règles allemandes de « codécision » soient ainsi contournées

Mais cela n’a pas suffi à convaincre les représentants des salariés, qui ont très mal pris l’annonce de ce démembrement. Le syndicat IG Metall redoute que les règles allemandes de « codécision », qui imposent aux grandes entreprises que 50 % des sièges au conseil de surveillance reviennent aux représentants des salariés, soient ainsi contournées. La tension est montée d’un cran cette semaine, quand une autre information a été diffusée par la presse. Des salariés du centre de développement de Rüsselsheim auraient été mis sous pression lors d’entretiens, afin qu’ils cherchent un autre emploi. La presse allemande cite une note d’information destinée aux salariés que l’agence de presse DPA a pu consulter. Les supérieurs auraient menacé de délocaliser les emplois au Maroc, où Stellantis dispose d’un centre d’ingénierie et de production à Kenitra. La direction du groupe n’a pas commenté l’information.

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