« Oups ! J’ai encore raté l’arche », fake news chez les bébêtes poilues

Après cent quarante-sept jours en mer, les animaux de l’arche sont touchés par une pénurie alimentaire.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Pour préparer les plus jeunes à toute éventualité, les créateurs de ce dessin animé numérique ont jugé bon de se diversifier en matière de catastrophes écologiques. Inspiré du récit biblique, le premier volet (Oups ! J’ai raté l’arche, 2015) était diluvien. Six ans plus tard, le second fait trembler la terre dans un tsunami de lave. Oups ! J’ai encore raté l’arche reprend tout de même sa thèse originale : illustrer le bel usage du vivre-ensemble. « Vous pouvez éviter de squatter les transats, ce n’est pas comme ça que ça se passe au paradis », commande le lion Léonard, dans un des bons mots du film.

Front politique

Après cent quarante-sept jours en mer, les animaux de l’arche, touchés par une pénurie alimentaire, ont enfin trouvé un bout de terre, confortable comme un Club Med, avec criques, palmiers et chaises longues. Mais cet éden verdoyant n’est qu’illusion. D’abord, à notre égard : il est peuplé de bébêtes poilues qui ressemblent aux peluches discounts vendues aux caisses des supermarchés (l’animation est rudimentaire et les couleurs criardes). Et, à l’égard des pensionnaires de l’arche, qui tombent sur un os : Patch, la doyenne de ce petit paradis sous cloche, favorise la priorité nationale.

Plutôt que de s’encombrer d’une kyrielle de bagarres, bonnes à rembourrer les films d’aventures en manque d’idées, les réalisateurs réussissent à monter au front politique sans renier le divertissement. Gags à l’appui, ils s’appliquent à mettre en évidence la logique populiste à l’œuvre : conseillée par un crustacé qui tente de dédiaboliser son image, Patch livre de fausses informations à une foule de « choupinets » crédules, qui fabriquent à son effigie un cheval de Troie, dont le poste d’observation est tapi dans l’arrière-train. Le film ne provoquera pas le grand frisson de la belle animation, fluide et féline, mais préparera les enfants aux élections des délégués de classe.

Film d’animation allemand, irlandais, luxembourgeois de Toby Genkel et Sean McCormarck (1 h 32).