Ovni : des scientifiques français dressent l’état des lieux

INFOGRAPHIE – En publiant une étude après huit ans de recherche, les experts français de la commission Sigma2 apportent un regard scientifique sur des cas inexpliqués observés dans le monde entier.

Issue de l’Association Aéronautique et Astronautique française, une des rares sociétés savantes nationale, la commission Sigma2 vient de publier un rapport sur les Ovnis (ou PAN pour Phénomènes aérospatiaux non identifiés). Depuis 2013, elle se penche sur les cas aériens inexpliqués en sollicitant l’analyse d’experts, ingénieurs, spécialistes de la défense aérienne, anciens du CNES, de la DGA, de l’Onera, de l’ESA parmi lesquels l’astronaute Jean-François Clervoy.

L’étude est publiée quelques jours avant celle très attendue du renseignement américain qui doit être remise au Congrès le 29 juin 2021. Aux États-Unis, on assiste en effet depuis quelques années à une inflexion majeure de la communication sur ces phénomènes. Plusieurs vidéos de PAN filmés par les pilotes de l’US Navy ont été authentifiées et partagées par les autorités militaires. C’est ce qui a conduit le New Yorker en avril dernier à titrer : « Le Pentagone prend les Ovni au sérieux ».

Sigma2 dresse un état des lieux. En étant allé fouiller pendant huit ans dans les bases de données françaises et étrangères, qui répertorient des cas sur des décennies, ses recherches confirment que les observations des phénomènes aérospatiaux non identifiés sont certes exceptionnelles mais largement répandues. Les autorités russes, britanniques et même chinoises constatent la même chose, leurs présences récurrentes dans leur espace aérien. Les rapports du ministère de la Défense britannique confirment l’existence des PAN ainsi que leurs mouvements étonnants : vol stationnaire, accélérations instantanées, absence apparente d’inertie. C’est aussi ce genre de mouvements que l’on peut voir sur les vidéos dévoilées par le Pentagone. L’étude des travaux russes révèle les très nombreuses observations de la marine soviétique entre 1977 et 1980 d’objets volants ou aquatiques. Ils mentionnent aussi des cas de recueil de matériaux aux propriétés particulières. Sigma2 confirme que la Chine s’intéresse au sujet à travers les rapports de la CIA ou à la tenue de symposiums. Ayant fait un constat similaire d’incursions régulières, les Chinois ont eux aussi, mis en place leur propre groupe d’experts.

Après avoir passé en revue ce vaste ensemble de témoignages, la commission précise qu’aucune preuve n’a jamais été donnée d’une technologie d’origine extraterrestre, c’est-à-dire apte à confirmer l’Hypothèse extraterrestre (HET). Mais elle reconnaît que la sécurité de l’espace aérien est bien mise en doute par ces incursions non expliquées.

Pour tenter de caractériser les PAN, elle recense les phénomènes naturels qui pourraient être à leur origine, comme la foudre en boule, les plasmas, les météores, les rentrées atmosphériques d’objets artificiels… Elle effectue un inventaire des théories physiques standards, des possibilités de propulsions exotiques. Mais elle constate que les phénomènes observés ne respectent pas les lois connues de la physique. Qu’aucune théorie ne peut éclairer les déplacements constatés. Comment expliquer les fortes vitesses, les accélérations brutales propulsant instantanément un objet à Mach 10, les changements de trajectoire à angle droit, les rebroussements, les plongées dans l’eau…

C’est en améliorant le recueil de données, en partageant davantage l’information, comme semblent l’avoir décidé les responsables américains, que des avancées pourront être envisagées. Car la qualité des observations est un préalable nécessaire à la résolution des défis lancés par les PAN. C’est parce qu’ils disposaient de relevés radar et infrarouge suffisants que le groupe d’experts de Sigma2 a pu en 2017 lever le mystère « cougar ». Leurs analyses ont pu montrer que l’observation d’un PAN par l’équipage d’un hélicoptère chilien n’était autre qu’un Airbus A340 de la compagnie espagnole Iberia.