« Pandora Papers » : aux Seychelles, deux noms français qui intriguent

Collage Pandora papers
Sources photo : unsplash, freepik

L’archipel des Seychelles aurait-il abrité l’argent du milieu marseillais ? C’est l’une des questions qui se posent à la lecture du nom d’une certaine Marilyn Benedetto dans les « Pandora Papers ». Cette native de Marseille, âgée de 48 ans, est la fille de Marcel Benedetto, une ancienne figure du milieu, assassiné en 2010. Selon un document confidentiel consulté par Le Monde, elle a créé, le 14 novembre 2017, une société offshore seychelloise aux accents méridionaux, Ricard Management Ltd, par l’intermédiaire d’un cabinet mauricien.

Les « Pandora Papers », c’est quoi ?

« Pandora Papers » est une enquête collaborative menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) en partenariat avec 150 médias internationaux, dont Le Monde. Elle repose sur la fuite de près de 12 millions de documents confidentiels, transmis par une source anonyme à l’ICIJ, provenant des archives de quatorze cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore dans les paradis fiscaux (îles Vierges britanniques, Dubaï, Singapour, Panama, les Seychelles…).

Cinq ans après les « Panama Papers », l’enquête révèle l’ampleur des dérives de l’industrie offshore et de ses sociétés anonymes. Elle montre comment ce système profite à des centaines de responsables politiques, et comment de nouveaux paradis fiscaux prennent le relais à mesure que les anciens se convertissent à la transparence.

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Dix jours plus tôt, Gérald Campanella, un homme présenté par la police comme l’un des parrains de Marseille, était arrêté par la police française, après plus de quatre années de cavale. Durant sa fuite, Marilyn Benedetto l’avait longuement hébergé dans sa grande maison dominant Bandol. « Un frère pour elle », dont elle connaissait « l’appartenance au banditisme », avait-elle alors affirmé à l’audience. Le tribunal avait estimé qu’elle « s’inscrivait totalement dans l’association de malfaiteurs » et l’avait condamnée à trois ans de prison dont un avec sursis et 15 000 euros d’amende.

Les documents ne précisent pas dans quel but Mme Benedetto a décidé d’ouvrir cette société. Mais, après avoir d’abord affirmé au Monde qu’elle ignorait tout de l’existence de cette structure, Mme Benedetto a finalement indiqué que Ricard Management Ltd avait été créée à la demande d’un associé dont elle ne souhaitait pas révéler le nom, « afin de financer des machines pour une société de construction basée sur l’île Maurice ». Cette structure offshore, adossée à un compte en banque, était, selon elle, destinée à solder le paiement du rachat des parts d’une société appartenant à cet associé. S’agissait-il de dissimuler des avoirs à l’administration fiscale française ? « Pas du tout, mon associé habite à l’île Maurice ! Et, quand bien même il aurait voulu, je n’ai jamais versé d’argent sur ce compte. Je n’ai rien à me reprocher. J’étais en procédure et je n’ai pas pu payer. »

Le fils d’Alexandre Djouhri

Un autre Français, au nom familier, a choisi les Seychelles pour immatriculer sa société, baptisée « A.D. Holding Group Ltd ». « A.D. » comme Alexandre Djouhri. Il ne s’agit pas de l’intermédiaire en armement, mis en examen dans l’affaire du présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, notamment pour corruption et détournement de fonds publics possibles. Mais de son fils, qui porte le même prénom, et se fait appeler, par commodité, par son deuxième prénom : Germain.

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