Panne chez Orange : le réseau des numéros d’urgence, dont le SAMU, les pompiers et la police, est rétabli

Des travailleurs du SAMU à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon, le 19 mars 2021.

SAMU, pompiers, police… Une panne du réseau de l’opérateur Orange a perturbé massivement, mercredi soir, l’accès aux numéros d’urgence, et de nombreux services de secours étaient difficiles à joindre à travers la France. Le réseau « fonctionne depuis minuit » mais reste « sous surveillance », notamment avec « la montée en charge des prochaines heures », a annoncé l’opérateur jeudi 3 juin au matin.

En visite à Tunis avec Jean Castex, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, et le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Cédric O, ont fait savoir qu’ils rentraient à Paris pendant la nuit. Ils doivent tenir une réunion de crise « jeudi matin tôt », qui rassemblera en visioconférence les préfets, a précisé le ministère de l’intérieur.

La panne affectait de nombreuses lignes fixes dans différentes régions, « à la suite d’un incident technique sur un routeur », a expliqué dans la soirée le service de presse du groupe Orange. L’opérateur a invité les utilisateurs à renouveler leurs appels, éventuellement en passant par le réseau mobile, pour joindre les services d’urgence, ou utiliser leurs numéros temporaires. L’opérateur Orange a confirmé, par ailleurs, qu’il ne s’agissait pas d’une cyberattaque.

Tous les départements touchés

Dès 18 heures, des dysfonctionnements importants ont été signalés à travers le pays, entraînant de grosses difficultés pour les services de secours. Des numéros d’urgence alternatifs, fixes ou mobiles, ont été mis en place, et diffusés sur les réseaux sociaux par les pouvoirs publics.

« Il devait être autour de 18 heures, et tous les SAMU ont commencé à alerter de problèmes dans les centres d’appels. Les gens ne parvenaient pas à accéder au service, des appels n’arrivaient pas, d’autres se coupaient en pleine conversation… », a expliqué François Braun, président du syndicat SAMU-Urgences de France et médecin urgentiste.

« Très vite, on a fait un petit tour de France et on a constaté que presque tous les départements étaient touchés », ajoute-t-il. François Braun explique que traditionnellement « il y a un pic d’appels le soir vers 19 heures ». « On ne sait pas quelles conséquences aura cette panne, c’est encore trop tôt pour le dire. » Le SAMU reçoit un appel toutes les secondes au niveau national.

L’incident affecte de manière « partielle mais significative la réception des appels d’urgence 15/17/18/112 sur l’ensemble du territoire national », a fait savoir le ministère de l’intérieur dans un communiqué.

« Ne saturez pas les lignes »

L’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France a conseillé aux usagers de renouveler leurs appels « sans discontinuer, si possible d’un fixe. Ne saturez pas les lignes et n’appelez que pour des urgences établies. Nous communiquerons très vite des numéros spécifiques par département ».

La gendarmerie nationale a invité à suivre les « réseaux sociaux départementaux Twitter/Facebook #gendarmerie pour connaître le numéro à composer en cas d’urgence. Le retour à la normale sera annoncé ». La sécurité civile a publié sur son compte Twitter une liste des numéros à contacter.

« C’est inacceptable »

En Nouvelle-Aquitaine, comme dans de nombreuses autres régions, tous les départements étaient touchés par la panne mercredi. Certaines préfectures, comme celles de la Dordogne et de la Creuse, ont conseillé de se rendre dans des permanences : casernes, gendarmerie, commissariat, centres hospitaliers.

Les centres d’urgence ont renvoyé vers des lignes de téléphone fixe. « Pour les demandes de secours et en cas de difficulté, renouvelez l’appel via un autre opérateur ou une ligne fixe, ont tweeté les pompiers de la Manche. Si la difficulté persiste, appelez les #sapeursPompiers au 02-14-16-80-18. »

« C’est inacceptable, a lancé Patrick Goldstein, chef du SAMU du Nord, sur BFM-TV. C’est une source d’ennui maximum, surtout quand ça touche l’ensemble des services. Tout le monde en même temps et à l’échelle nationale, c’est quand même une première. »

« Ce qui nous inquiète, c’est que des gens appellent pour des arrêts cardiaques, des accidents (…), a expliqué sur la chaîne d’information Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF). Il faut qu’on puisse répondre le plus vite possible. Il y a un véritable problème de mise en danger d’autrui. »

Le Monde avec AFP