« Paroles de lecteurs » – Afghanistan : il ne fallait pas fuir

Il ne fallait pas fuir. Les talibans assurent que la transition sera pacifique. Il fallait les prendre au mot, rester, engager le dialogue, d’égal à égal, de pays souverain à pays souverain. N’ont-ils pas libéré leur pays des collabos corrompus et de l’occupant ? Ça nous rappelle des souvenirs, ça aurait pu créer des liens.

Il y a quarante ans, les moudjahidines, dont les talibans sont les héritiers, n’étaient-ils pas les héroïques alliés de l’Occident contre l’occupant soviétique ? Tout change pour que rien ne change…

Un Airbus de l’armée française à son atterrissage à Abou Dhabi, point de passage des personnes évacuées d’Afghanistan par les autorités françaises.

La Russie et d’autres pays sont restés. Pourquoi pas la France ? Cela aurait eu plus d’allure, nettement plus d’allure… On a toujours tort de considérer l’autre comme un monstre ou comme un barbare. C’est être bien ignorant soi-même que de se laisser dominer par de telles pensées.

Nous les avions combattus aux côtés des Américains, mais y avions renoncé en 2014, nos organisations humanitaires sont très présentes, la France a encore un certain prestige (à condition de se dégager de l’emprise US), alors ils nous auraient certainement écoutés. Il fallait essayer en tout cas.

Et, comme dit Macron, l’Afghanistan a besoin de ses forces vives. C’était dans cette direction qu’il fallait aller : proposer notre assistance au développement des forces vives afghanes. Il ne fallait pas fuir. Il fallait faire face, dire, parler. Occasion ratée.

Denis Monod-Broca, Paris

Le Monde