Paroles d’enfants : haro sur les « épinardes » !

Chronique. Un mercredi après-midi, je me rends à la bibliothèque municipale pour m’inscrire (les bonnes résolutions de la rentrée). Elle ouvre à 16 heures, il est 15 h 50. J’hésite à faire demi-tour (résolutions fragiles, donc) quand j’entends une femme à côté de moi hurler :

« MAIS POURQUOI TU GRIMPES LÀ-DESSUS ? ! TA SŒUR VA VOULOIR FAIRE PAREEEIL, DESCEEEEEENDS !! »

Un enfant, à 2,5 m de hauteur, à califourchon sur un grillage. Il redescend de son perchoir et se met à courir jusqu’à un petit portail caché par des haies. Telle Alice et son lapin blanc, je le suis et tombe sur un tout petit parc. Je retrouve mon cascadeur, accompagné d’une fillette d’environ 9 ans, large sourire (et t-shirt portant la mention Adventures entourée d’étoiles), et d’un garçon un peu plus âgé, gringalet timide (ou méfiant) dans son survêtement. Je sens que j’ai affaire à une sacrée équipe.

Et si j’étais un peu en avance pour la bibliothèque, je suis pile à l’heure pour le goûter. Je leur demande donc ce qu’ils ont mangé pour le « quatre heures » aujourd’hui.

– Un gâteau au chocolat ! Très très bon ! Fait maison par ma mère et par moi !

– Moi j’me suis fait une crêpe. Fait bien maison aussi !

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Devant tant d’insistance sur l’importance des goûters cuisinés (les enfants ne préféreraient donc pas toujours les biscuits industriels ?) je leur demande si ça change quelque chose quand c’est « fait bien maison » .

– Ben ouais ! (En chœur) Parce que tu le fais avec amour donc c’est mieux.

Et eux, ils aiment cuisiner ?

– Moi oui, ma maman elle fait des plats africains, du mafé, du tiep, de l’attiéké poulet… C’est un peu comme de la semoule et tu cuis avec le poulet !

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– Ah mais c’est un couscous poulet en fait ahaha ! Moi j’aide ma maman par exemple quand elle est fatiguée. Je fais des trucs basiques comme des pâtes, de la semoule, des steaks…

Apprenti-journalisme

Je m’apprête à exprimer mon admiration quand le plus timide de la troupe m’interroge :

– Dis… Maintenant est-ce que c’est moi qui peux poser les questions ?

Je lui tends mon micro-enregistreur. Le Cascadeur et l’Aventureuse interviennent, les décibels s’emballent.

– Oh dis-moi, est-ce que je peux tenir le micro ?

– Non, mais moi aussi je veux tenir le micro, c’est moi qui fais aussi l’interview !

Loin de se laisser déconcentrer, l’apprenti-journaliste calme ses camarades en leur demandant, micro en main, sur un ton très sérieux :

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