Passe sanitaire : « Le Parlement se doit de répondre aux appréhensions des non-vaccinés »

Tribune. Puisque ce débat est passionné, nous assumerons d’entrée notre position personnelle. Vaccinés l’un comme l’autre contre le Covid-19, nous partageons cette conviction que la vaccination est tout à la fois un bienfait pour nous-même et un acte de protection collective.

Nous ne sommes ni l’un ni l’autre des scientifiques. Alors oui, cette conviction est fondée sur un savoir de « seconde main », qui nous a tout de même été enseigné dès l’école et que, comme toute personne, nous avons pu conforter par des lectures, des échanges ou autres documentaires. Cette position est aussi celle de notre droit, le Conseil constitutionnel ayant jugé que le législateur peut « définir une politique de vaccination afin de protéger la santé individuelle et collective ».

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Ce faisant nous partageons la volonté des autorités publiques de vouloir relancer la campagne de vaccination alors que nous avons vu le rythme de celle-ci fléchir fortement à l’entrée de l’été.

Cependant, nous ne nous résignons pas à penser que les millions de Françaises et de Français, qui à ce jour n’ont pas encore commencé leur parcours vaccinal, seraient à l’image des quelques personnes que nous avons tous entendu tenir des propos scandaleux ou aberrants. Il n’est qu’à voir la répartition géographique des taux de vaccination pour constater que les conditions de vie, qui renvoient souvent à la densité de l’offre médicale disponible sur un territoire, en plus que de révéler un cumul de difficultés économiques et sociales, y sont fortement corrélées.

Ne pas stigmatiser

Par ailleurs, nous ne saurions aucunement « prendre de haut » ou encore moins « mépriser » des personnes qui, au vu d’une information qui n’aura pas manqué de confusion depuis plus d’un an, parfois du fait même des autorités publiques (que l’on se souvienne de l’évolution des consignes sur les masques, mais aussi de l’obligation faite aux soignants atteints du Covid-19 mais asymptomatiques d’aller travailler auprès de leurs patients pendant de longs mois), peuvent tout à fait hésiter de bonne foi à aller se faire vacciner.

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C’est pourquoi, au nom même de l’objectif d’une vaccination la plus large, nous regrettons que le projet de loi soumis cette semaine au Parlement ne comporte que des mesures de sanctions, d’obligations et de contraintes. N’aurait-il pas été possible au gouvernement de prévoir, par exemple, que toutes les personnes non vaccinées reçoivent un bon pour un libre entretien avec leur médecin traitant afin de pouvoir échanger en confiance et lever leurs doutes ?

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