Patrimoine : Emmanuel Macron célèbre les 300 ans et la rénovation du site Richelieu de la BNF

Emmanuel Macron (au centre) lors de son discours sur le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris, le 28 septembre 2021.

Le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BNF) a 300 ans. Cet anniversaire qui a conduit Emmanuel Macron à faire le déplacement, mardi 28 septembre, coïncide avec la fin d’un chantier de dix ans, qui visait à remettre l’ensemble architectural aux normes (de sécurité, d’accessibilité, de conservation des collections…) et à en repenser le fonctionnement. Le projet remonte à la fin des années 1990 et à l’ouverture de la Bibliothèque François-Mitterrand dans le 13e arrondissement parisien. Pas moins de 20 millions de documents des collections de la BNF avaient été transférés sur le nouveau site, celui de Richelieu ne devant plus conserver, dès lors, que les collections spécialisées (arts et spectacles, cartes et plans, estampes et photographies, manuscrits, monnaies, médailles et antiques).

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Plusieurs axes de travaux avaient été identifiés, parmi lesquels l’ouverture au grand public et non plus aux seuls chercheurs ; celle du site à la ville ; la valorisation des collections encyclopédiques (trésors de Saint-Denis et de la Sainte Chapelle, œuvres de Victor Hugo, de Rembrandt, de Sonia Delaunay, d’Hokusai, estampes, photographies, objets, costumes, affiches de mai 1968…). Budget de l’opération : 248 millions d’euros financés par le ministère de la culture et le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, auquel la BNF a ajouté 10 millions d’euros dont près de 9 en mécénat.

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Le chantier s’est déroulé en deux phases dont la première, qui concernait les chercheurs, s’est achevée en 2016. La deuxième arrive à son terme. Elle a conduit à ouvrir le bâtiment au grand public et à la ville. Disposant désormais d’une nouvelle entrée, rue Vivienne, il peut se traverser de part en part et s’est doté d’un jardin dont la conception a été confiée à une équipe menée par Gilles Clément, d’un café, et d’une librairie.

L’ouverture au public est prévue pour l’été 2022 – le jardin doit encore être planté, et la scénographie muséale installée. Le tricentenaire offre au président de la République la possibilité de réaffirmer son engagement en faveur du patrimoine et d’une culture classique incarnée par le livre, en s’inscrivant dans une histoire qui relie les rois et les chefs d’Etat aux bibliothèques depuis que Charles V a installé, en 1368, sa collection de livres dans une salle du Louvre.

Une cohérence nouvelle

L’anniversaire célébré, c’est celui de l’installation des « collections royales » dans le palais Mazarin, regroupement de galeries et hôtels particuliers qui allaient devenir le « site Richelieu » de la Bibliothèque nationale de France. Les collections n’ont cessé de se développer depuis, à la faveur notamment du dépôt légal, usage instauré par François Ier en 1537 qui voulait qu’un exemplaire de chaque livre imprimé et mis en vente dans le royaume y soit déposé. Le bâti a suivi, pour bientôt occuper tout ce « quadrilatère » compris entre les rues Richelieu, Vivienne, Colbert et des Petits-Champs, s’y densifier au gré des interventions architecturales (de François Mansart, Henri Labrouste, Michel Roux-Spitz…), et, finalement, conduire François Mitterrand à décider, en 1988, de la construction d’une nouvelle bibliothèque dans le 13arrondissement.

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