Pause séries : « Hightown », un autre polar ou un polar autrement ?

Jackie Quiñones (Monica Raymund) et le sergent Abruzzo (James Badge Dale), dans la première saison de la série « Hightown » (2021).

Si l’on n’a pas décroché en chemin, on a déjà passé une douzaine d’heures en compagnie de Jackie Quiñones (Monica Raymund), agente de l’office fédéral de la pêche dans la région de Cap Cod (Massachusetts), devenue, à la fin de la première saison d’Hightown (attention au « divulgâchis », et il y en aura d’autres), policière de plein droit, au sein de l’antenne antidrogue de la police d’Etat. On est, aujourd’hui, au milieu de la deuxième saison de cette série disponible sur Starzplay.

Depuis que le sergent Friday, du Los Angeles Police Department, a été transféré de la radio à la télévision pour devenir le premier policier de série, en 1951, dans Dragnet, des milliers de représentants des forces de l’ordre sur petit écran ont combattu le crime – héroïquement, tragiquement, drôlement, naïvement. Certains sont même passés de l’autre côté. Navarro ou Barnaby, Magnum ou Montalban, le choix est infini.

Pourquoi, alors, en 2021, donner sa chance à une nouvelle héroïne ?

Rebecca Cutter, la créatrice d’Hightown, n’a pas lésiné sur l’idiosyncrasie de son personnage principal. Jackie Quiñones vient d’une famille de pêcheurs latinos ; elle est alcoolique, comme son père, et inspire un bon coup lorsqu’on lui met de la cocaïne sous le nez. Lesbienne, ses nuits sont encore plus agitées que ses journées en mer, puisque la ville d’Hightown et celles qui l’entourent sont non seulement des ports de pêche, mais des villégiatures appréciées par la communauté LGBTQ+ de Boston.

Comédiens de haut niveau

Le déversement de ces informations au début de la série laisse penser qu’il s’agit ici de remplir un cahier des charges politique et dramatique. Assez vite, Jackie Quiñones et les personnages qui l’entourent trouvent une vérité qui tient aussi bien à l’écriture, au jeu de comédiens de haut niveau, qu’à la relation organique qui unit ces pêcheurs et ces policiers, ces trafiquants et ces figures de la nuit balnéaire.

La série avance, entre les tropes réconfortants de la fiction criminelle et une attention inattendue, chaleureuse à l’égard de quasiment tous les personnages

Les pieds bien campés dans la vase, Hightown exploite toutes les ressources locales, jusqu’ici plutôt négligées par la fiction télévisée. Mais ce qui se passe entre les casiers à homards et les boîtes sur la plage, entre le pénitencier du coin et les jolies maisons de bois transformées en points de deal, ne surprendra personne.

Au début du premier épisode, une jeune femme est abattue alors qu’elle sniffe dans sa voiture, et l’on n’a pas de mal à deviner la direction que prendra l’enquête après que l’agente Quiñones aura découvert le corps de la victime. Elle, la policière de second rang, se heurtera à un policier sexiste, le sergent Abruzzo (James Badge Dale), qui est en train de tomber amoureux de son informatrice, Renee (Riley Voelkel), par ailleurs compagne du Scarface local, pour l’instant incarcéré.

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