Pedro Almodovar ouvre la Mostra de Venise avec « Mères Parallèles »

Penelope Cruz et Pedro Almodovar, sur le tapis rouge du Palazzo del cinema, à Venise, le 1er septembre.

Comme dans le film de Roberto Benigni, La vie est belle (1997), il y a de la joie à Venise, au Lido, où s’ouvrait, mercredi 1er septembre, la 78e édition de la Mostra. On se sent littéralement dans une bulle, en dépit de la pandémie et des événements internationaux, avec la prise de pouvoirs par les talibans en Afghanistan – une rencontre est d’ailleurs prévue à la Mostra, samedi 4 septembre, avec quelques cinéastes afghans qui viendront témoigner de la situation.

Roberto Benigni a reçu un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière

Justement, Roberto Benigni était l’invité de la soirée d’ouverture du festival, où il a reçu, des mains de Jane Campion, un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. Soulignant la joie perpétuelle de l’acteur et cinéaste, envers et contre tout, la réalisatrice de La leçon de piano, Palme d’or à Cannes en 1993, a fait rire la salle en comparant Benigni à « une bouteille de prosecco qui explose ». En 2020, le festival s’était tenu en l’absence de stars internationales et le Lion d’or avait été décerné à l’un des rares films américains présents, Nomadland, de Chloé Zhao. Mais ni la réalisatrice ni l’actrice Frances McDormand n’avaient pu faire le déplacement. Cette année, la Mostra dirigée par Alberto Barbera propose des films issus de 59 pays, et son délégué général, Alberto Barbera, n’a cessé de vanter dans les médias la « grande qualité » des œuvres, dans cette période si délicate pour la production de films. Le jury de la compétition longs-métrages est présidé par le cinéaste coréen Bong Joon-ho, lauréat de la Palme d’or à Cannnes en 2019 avec Parasites.

Lire la critique du film : Dans « Nomadland », le numéro de bravoure de Frances McDormand

Le défilé de stars était donc de retour sur le tapis rouge du Palazzo del cinema. Isabelle Huppert, cheveux longs et robe couleur chair, est venue défendre Les Promesses, de Thomas Kruithof (section parallèle Orizzonti), où elle incarne une maire très engagée, en fin de carrière politique, dans une ville pauvre du 93, la Seine-Saint-Denis. « Isabelle ! Isabelle ! », ont crié les photographes, puis « Pedro ! Pedro ! »… Pedro Almodovar est sorti de la voiture officielle, entouré de Penélope Cruz et Milena Smit, les deux comédiennes de son dernier film, Mères parallèles, en compétition et en lice pour le Lion d’or. Un drame sur la maternité, la recherche des origines et l’histoire politique de l’Espagne, où flotte néanmoins une atmosphère légère. Penélope Cruz y campe une femme proche de la quarantaine, Janis, photographe, qui tombe enceinte à la suite d’une relation avec un homme marié, archéologue (Israel Elejalde). Celui-ci par ailleurs doit l’aider à retrouver la sépulture de son arrière-grand-père, disparue pendant la guerre civile afin de linhumer dans le village où il est né… Dans la chambre de la maternité, Janis se lie d’amitié avec une toute jeune femme venue, elle aussi, accoucher seule. Le film doit sortir en salle le 1er décembre.

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