Pendant la récession liée au Covid-19, la pauvreté n’a pas augmenté, selon l’Insee

Distribution alimentaire organisée par les Restos du Coeur, au stade Vélodrome (Marseille), le 26 mars 2021.

La crise lié à la pandémie de Covid-19, qui s’est traduite par une chute de 8 % du PIB pour l’année 2020, a-t-elle fait exploser la pauvreté en France ? A l’automne 2020, Alerte, un collectif d’associations, sonnait l’alarme : un million de personnes auraient basculé dans la précarité en raison de la crise. Un an plus tard, mercredi 3 novembre, l’Insee livre une étude qui relativise l’impact de la crise : en 2020, le taux de pauvreté – qui se définit comme un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian – touchait 14,6 % de la population française, soit 9,3 millions de personnes. Un chiffre stable par rapport à 2019. Les inégalités, selon cette estimation, n’auraient pas davantage évolué. Autrement dit, la récession historique de 2020 n’aura pas fait augmenter la pauvreté en France.

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« La stabilité des inégalités de niveau de vie et de pauvreté monétaires s’expliquerait pas les mesures exceptionnelles mises en place pour lutter contre les effets de la crise sanitaire », indique l’Insee. L’activité partielle a ainsi permis d’éviter une explosion du chômage, les aides ciblées ont soutenu le revenu des ménages, et le fonds de solidarité a compensé, au moins en partie, la chute du chiffre d’affaires des indépendants. Sans ces divers dispositifs, calcule l’Insee, le taux de pauvreté aurait progressé de 0,6 point et les inégalités se seraient accrues. De plus, « il est impossible d’évaluer l’ampleur des faillites d’entreprises et des destructions d’emplois qui seraient advenues » sans ces dispositifs de soutien.

Méthodologie

Il n’en reste pas moins que la conclusion de cette étude, de l’aveu même du directeur général de l’Insee, Jean-Luc Tavernier, qui s’en explique dans un article de blog, « peut étonner ». L’une des explications réside dans la méthodologie employée. L’enquête porte uniquement sur la France métropolitaine, et sur les ménages « ordinaires » selon la nomenclature de l’Insee, à savoir 95 % de la population française.

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Elle exclut donc les personnes qui vivent en collectivité ou en communauté – résidences étudiantes, maisons de retraites, casernes, prisons… –, ainsi que les personnes sans domicile, soit au total 1,4 million de personnes. Parmi ces catégories de population, si les personnes âgées, dont les pensions n’ont pas été affectées, n’ont pas perdu de revenus, les étudiants, en revanche, ont été massivement touchés, perdant notamment leurs petits boulots.

« La pauvreté s’est sans doute intensifiée, mais n’a pas explosé » Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee

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