Pendant l’été, les vacanciers sont restés en France, et de préférence sous le soleil

Des touristes se baignant dans la rivière, en contrebas du col de Bavella près de Zonza en Corse-du-Sud, le 25 août 2021.

Est-ce du patriotisme économique ou de la prudence budgétaire ? Un intérêt authentique pour les chemins de grande randonnée, ou la crainte d’être coincé par un test positif au Covid-19 à l’aéroport d’Athènes ? Quelles qu’en soient les raisons, les Français ont confirmé, cet été, leur intérêt pour l’Hexagone, malgré la levée des restrictions au départ en Europe.

Près de six Français sur dix sont partis en week-end ou en vacances en juillet-août, avec un allongement de la durée de séjour. Ce taux de départ, en hausse de six points par rapport à 2020, selon ADN Tourisme, la fédération nationale des institutionnels du tourisme, s’est concentré sur la France à 89 %, un chiffre presque équivalent à 2020, lorsque se rendre à l’étranger semblait particulièrement risqué.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : le secteur touristique rattrape son retard en vue de l’été

Cette francophilie estivale devrait contribuer à une fréquentation touristique dans les mêmes eaux que celle du cœur de l’été 2019. Pas de quoi compenser les fermetures du début d’année, soulignent aussitôt les hébergeurs, dont le bilan estival ne pourra être dressé qu’à l’issue d’un mois de septembre qui se présente bien.

Météo et bronzage honteux

Dix-huit mois de crises ont un peu changé le touriste français, plus attentif à son corps et à son environnement. Pas au point, toutefois, de lui faire perdre l’envie de soleil. Plus que la situation sanitaire, c’est le ciel qui a servi de boussole aux vacanciers en cet été maussade. De retour au travail, ceux ayant cédé à la mode de Bretagne promettent qu’on ne les y reprendra plus et ceux qui ont aperçu le soleil auraient presque le bronzage honteux.

« Avec la situation sanitaire, beaucoup de gens se sont mis dans un mode “dernière minute” », constate Michael Dodds

A la rentrée, les professionnels du tourisme sont comme leurs clients : ils parlent de la météo. La Bretagne et la Normandie, seuls territoires en retrait par rapport à l’été 2020, blâment la grisaille. « Avec la situation sanitaire, beaucoup de gens se sont mis dans un mode “dernière minute”, et, dans ce cas-là, vous ajustez en fonction de la météo », constate Michael Dodds, à la tête du comité régional du tourisme (CRT) de Normandie. Le Britannique, abandonné par ses compatriotes retenus de l’autre côté du Channel et par les Américains friands des plages du Débarquement, craint des chiffres « en dessous de [ses] espérances », malgré l’attrait intact de ses stations balnéaires.

Les Français ont pris l’habitude de décider de leurs vacances au dernier moment. Chez Pierre et vacances-Center Parcs, où les taux d’occupation sont légèrement supérieurs aux standards « pré-Covid-19 », 39 % des séjours ont été réservés dans les quinze jours précédents. Un sur deux réservés dans les Villages Vacances France (VVF) s’est fait à moins de trois semaines de l’arrivée.

Il vous reste 62.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.