Pénuries, faillites : en Chine, la croissance marque le pas au troisième trimestre

Une centrale électrique alimentant la région du Gansu, près de Yumen (Chine), le 25 septembre 2020.

Coupures de courant à répétition obligeant les entreprises un peu partout dans le pays à interrompre leur activité, quasi-faillite d’un des principaux promoteurs immobiliers dont la dette représente 260 milliards d’euros… La croissance chinoise au troisième trimestre ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. De fait, le chiffre publié lundi 18 octobre, 4,9 % de croissance entre juillet et septembre comparé au troisième trimestre de 2020, n’est pas un bon chiffre, même s’il correspond à peu près aux anticipations des analystes.

Au premier trimestre, la croissance chinoise avait atteint le niveau extravagant de 18,3 %, comparé au premier trimestre 2020 marqué par la crise du Covid-19. Avec 7,9 % sur un an, la croissance au deuxième trimestre avait fait très bonne figure : la machine à exporter chinoise tournait de nouveau à plein régime. Au troisième, elle s’est enrayée.

Le ralentissement actuel était attendu. Il y a quelques jours, le Fonds monétaire international a révisé légèrement à la baisse (8 % au lieu de 8,1 % précédemment), sa prévision de croissance pour la Chine pour l’année 2021. Le gouvernement chinois, lui, a toujours fait preuve de prudence, avec une prévision de croissance de « plus de 6 % » cette année. En visite à la grande foire commerciale de Canton le 15 octobre, le premier ministre Li Keqiang s’est voulu rassurant. « La Chine a les outils adéquats pour faire face aux challenges économiques auxquels le pays fait face (…) et devrait être en mesure d’atteindre un taux de croissance de plus de 6 % », a-t-il déclaré, reconnaissant cependant que l’économie faisait face à de « nombreux facteurs d’instabilité et d’incertitude ».

Soubresauts

Les difficultés du promoteur immobilier Evergrande en sont une, même si la Banque centrale de Chine s’est voulue rassurante : « Toute contagion au secteur financier est contrôlable », a-t-elle déclaré le 15 octobre. Evergrande ne sera pas à l’économie chinoise ce que la faillite de Lehman Brothers a été à la finance américaine en 2008. Néanmoins, les Chinois susceptibles d’acquérir un logement se méfient. En septembre, les ventes de logements ont baissé de 30 % dans une trentaine de villes.

Un feu de signalisation près du siège du groupe China Evergrande à Shenzhen (Chine), le 26 septembre 2021.
Les problèmes rencontrés par les promoteurs immobiliers constituent une menace pour l’économie chinoise. Ici, à Pékin, le 11 octobre 2021.
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La congestion des ports chinois – due à une forte activité mais aussi une politique « zéro Covid » qui ralentit la plupart des opérations – renchérit considérablement le coût de la logistique. Par ailleurs, la Chine, qui a fermé nombre de centrales au charbon trop polluantes et boycotte de fait le charbon australien, souffre d’une pénurie du combustible malgré les importations en hausse, essentiellement en provenance d’Indonésie et de Russie.

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