Pequignet Attitude, la nouvelle révolution française

NOUVEAUTÉ – Quelques mois après avoir annoncé la création d’un nouveau mouvement horloger made in France, la manufacture de Morteau en dévoile la première incarnation.

«Nous l’avions annoncé, maintenant Astérix est né!» C’est un événement horloger dont il ne faut pas sous-estimer l’importance qui vient d’avoir lieu: la naissance d’une nouvelle montre dotée d’un mouvement horloger made in France. Il faut dire qu’au fil du temps, la grande majorité des marques horlogères françaises ont disparu. Celles qui restent ont en général adopté des mouvements suisses ou japonais, la majeure partie des sous-traitants horlogers se trouvant désormais en Suisse et non plus en France, comme jadis. Dans la foulée de la déferlante du quartz, c’est toute la filière horlogère française qui aura été littéralement taillée en pièces, faute de soutien national comme de capacité à résister face à l’essor du label Swiss Made.

Heureusement, l’éternité dure longtemps. Alors que la pandémie a réveillé plus encore le goût pour le made in France et la consommation de productions nationales, on n’avait pas vu depuis longtemps autant de marques horlogères françaises croître, naître, voire ressusciter. Mais hormis chez Pequignet, aucun mouvement horloger français n’avait survécu. Et le calibre Royal de Pequignet ne saurait rivaliser, ni en prix ni en volume, avec les géants que sont ETA, Sellita, Soprod ou Miyota, producteurs de mouvements horlogers par millions.

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Sans avoir l’ambition démesurée de concurrencer de tels géants, la maison horlogère française avait dévoilé en octobre dernier le projet de son nouveau mouvement à prix plus abordable, un calibre mécanique automatique made in France baptisé Initial. «Pour nous, c’est juste un projet gigantesque, confie Dani Royer, président de Pequignet. Déjà, en termes de stratégie de l’entreprise, mais même au-delà de, par rapport au monde horloger français aujourd’hui. C’est quand même le renouveau de l’horlogerie française.» Symboliquement, cette Pequignet Attitude est donc bien plus qu’une nouvelle montre: forte de son mouvement inédit, c’est le premier pas de la manufacture de Morteau dans une toute nouvelle direction. Dans un premier temps, cette pièce haut de gamme est proposée en édition limitée à 100 pièces dans un boîtier en or de 39 mm, avec en son sein le nouveau calibre «maison» automatique Initial made in France, doté d’une réserve de marche de 65 heures taillée pour passer le week-end. On retrouve sur sa couronne une Fleur de lys gravée en relief. Un futur collector made in France, proposé à 9.000 euros, qui n’affiche que l’essentiel, heures, minutes et secondes. «Nous voulions que le cadran respire, confie Aymeric Vernhol, associé et responsable communication de la marque. C’est un beau cadran, hyperclassique. Nous avons voulu créer une pièce or sans date. L’année prochaine, en 2022, nous lancerons la ligne acier, avec date.»

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Cette nouvelle Pequignet Attitude peut se vanter d’être plus que largement tricolore: «aujourd’hui, sur le calibre Initial, nous sommes à 72%de composants de France, détaille Aymeric Vernhol. Contre 28% suisses: on ne trouve plus les organes réglants en France.» «Tout cela reste très local, insiste Dani Royer. Il y a environ 200 composants dans une telle montre. Nous, on travaille localement. On est dans la mouvance, tout le monde aujourd’hui fait attention à cela. Mais nous, nous n’avons pas changé de stratégie. Il y a vraiment une nouvelle dynamique sur la manufacture française ces derniers temps.»

En termes de production, la manufacture compte partir sur une production de 2500 mouvements Initial par an. Une fois lancée cette première pièce et consolidé l’intérêt pour son mouvement français, Pequignet développera ensuite sa gamme Attitude en 2022, avec des pièces acier dotées de la même boîte, livrables assez rapidement. «Nous voulons proposer une alternative aux mouvements suisses, avec un produit qualitatif de fabrication française pour qui veut, décrypte le président de Pequignet. Nous sommes partis d’une feuille blanche, nous avons mis deux ans à développer ce mouvement. Nous ne voulions pas faire une copie d’un mouvement suisse. Il n’est pas adaptable, il n’est pas de la même taille, un peu plus grand et plus fin. Si c’est pour faire la même chose plus cher, cela ne servirait à rien!»

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«L’idée était vraiment de faire quelque chose qui soit le plus exclusif possible pour la première série, confie Dani Royer. Ce sont les cent premières ; chaque cadran ivoire est peint à la main. Chaque montre sera numérotée, et chaque numéro sera rattaché au numéro du mouvement.» Un souci du détail que les esthètes du temps devraient apprécier. Dans le même esprit, Pequignet mettra probablement en place une livraison personnalisée de ces pièces en novembre prochain, avec la remise en mains propres à l’acquéreur par l’un des dirigeants de la manufacture. «L’idée est aussi de pousser un peu plus l’expérience client sur de tels produits. Sur de telles pièces Made in France, il faut les remettre en mains propres et passer du temps avec l’acquéreur. Nous aimons aussi voir qui les achète, les rencontrer.» De quoi donner envie aux amateurs de Made in France horloger de rejoindre le mouvement et de voir de nouveau un cœur made in France battre au sein de montres tricolores.
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