Petit Bateau sanctuarise son usine historique de Troyes

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Publié aujourd’hui à 09h40, mis à jour à 10h41

L’imprimé est fleuri. Il servira à la confection de petites culottes. Depuis septembre, une nouvelle imprimante numérique tourne dans l’usine Petit Bateau située à Troyes (Aube). A l’allure de 120 à 130 mètres à l’heure, cette machine à jet d’encre dépose un motif sur un tricot de coton écru prétraité, avant la polymérisation. Sur un an, « elle devrait avoir imprimé 400 kilomètres de tricot », précise John Bredemestre, responsable des ateliers tricotage, teinture et impression, de cette filiale du groupe Yves Rocher.

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Cet investissement – 600 000 euros, en y incluant la construction de l’atelier et la formation de trois spécialistes de la sérigraphie – relève d’un plan de modernisation de l’usine historique de la marque de mode enfantine ; sur deux ans, 2 millions d’euros seront investis dans de nouveaux équipements. Petit Bateau y réfléchissait depuis longtemps. Tout s’est accéléré au printemps, lors du déploiement du plan France Relance par le gouvernement pour soutenir la modernisation de l’industrie tricolore.

Un employé dans l’atelier de tricotage de l’usine Petit Bateau, à Troyes, en France, le 27 octobre 2021.
Cent couturières travaillent à l’atelier de confection de l’usine Petit Bateau, à Troyes, le 27 octobre 2021. Elles produisent entre 300 000 et 500 000 pièces par an.

La société a obtenu un financement à hauteur de 900 000 euros. Le reste provient de ses fonds propres. Sans l’aide de l’Etat, cet achat aurait été « décalé », précise le directeur général de la marque, Guillaume Darrousez, quelques jours après l’inauguration officielle de cet équipement, le 4 octobre, en présence de François Baroin, maire LR de Troyes, et de Stéphane Rouvé, préfet de l’Aube.

« Il s’agit de maintenir l’emploi productif à Troyes »

Sous peu, le fabricant de mode enfantine devrait aussi se doter d’une table de coupe automatisée, pour réduire ses chutes, et de machines à coudre semi-automatiques. D’un montant de 3 millions d’euros, un deuxième investissement portera sur la « décarbonation de la teinture » pour laquelle la marque a obtenu 920 000 euros d’aides de l’Agence de la transition écologique Ademe et du plan France Relance. En 2022 et 2023, la marque, dont la devise est désormais « liberté, qualité, durabilité », se dotera de machines à teinture à meilleur rendement, moins énergivores et plus économes en eau.

L’enjeu est de taille dans cette région marquée par la disparition de l’usine Absorba, à la suite de la liquidation du groupe Kidiliz fin 2020. « Il s’agit de maintenir l’emploi productif à Troyes », explique Jean-Marc Guillemet, directeur des opérations de Petit Bateau. La filiale du groupe Yves Rocher, géant des produits cosmétiques, cherche ainsi à sortir d’une mauvaise passe. A la tête de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, déficitaire depuis « plusieurs exercices », selon son patron, Petit Bateau emploie 400 personnes à Troyes.

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