Plan d’investissement : Emmanuel Macron veut réconcilier la « start-up nation » et l’industrie

A quelques mois de la fin de son quinquennat, Emmanuel Macron espère toujours faire la synthèse entre l’« ancien monde » et le nouveau. Réconcilier la « start-up nation », marqueur économique de sa campagne de 2017 et symbole de « la France qui va bien », avec cette France industrielle dont le caractère stratégique pour le pays a été douloureusement rappelé par la crise provoquée par le Covid-19. Le plan d’investissement France 2030, qu’il présentera dans la matinée du mardi 12 octobre à l’Elysée, doit être pour lui l’occasion de rapprocher ces deux univers disjoints pour se projeter dans les dix prochaines années.

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« Je voudrais tordre le cou à une idée reçue, a-t-il expliqué devant un parterre d’entrepreneurs réunis par Bpifrance, jeudi 7 octobre, en évoquant France 2030. J’entends souvent opposer la “start-up nation” et la France industrielle (…). La réindustrialisation française passera aussi, et peut-être surtout dans certains domaines, par les start-up. » Façon de montrer que ce plan, annoncé dans son discours du 12 juillet, et qui vise à « faire émerger dans notre pays et en Europe les champions de demain », doit se bâtir à la fois avec des acteurs déjà installés et avec des jeunes pousses capables d’innover, des « acteurs nouveaux », a-t-il précisé, dans une métaphore dépassant certainement le domaine économique.

Mêlant du court terme – pour aider les grandes filières industrielles fragilisées par les bouleversements liés à la transition climatique et les pénuries – et du long terme, pour se positionner sur les innovations de rupture. « Tous les acteurs installés font un formidable travail, mais est-ce qu’ils ont pris aussi vite ces tournants d’innovation ? Pas toujours », a-t-il lancé, citant l’exemple des vaccins contre le Covid-19, inventés par « des acteurs qui n’étaient pas connus dans la santé » et « qui ont 10 ans d’âge ».

D’intenses tractations

« Nouvel étage de la fusée » après les mesures d’urgence déployées durant la crise (140 milliards d’euros) et le plan de relance de l’automne 2020 (100 milliards), le plan d’investissement doit aussi permettre au chef de l’Etat de montrer que, comme il a l’a martelé jeudi, « la politique sociale et la politique de la demande la plus efficace, c’est une politique de l’offre. La meilleure politique de pouvoir d’achat, c’est la création d’emplois, la préservation de l’emploi et la défense de l’entreprise. Et ça marche ! » Une réponse aux attaques de l’opposition, qui l’accuse depuis la rentrée de ne pas mobiliser assez de moyens pour soutenir le pouvoir d’achat des Français, grevé par la flambée des prix de l’énergie et des produits agroalimentaires.

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