Plan France 2030 : du début à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, le pari de l’innovation

Le premier ministre, Jean Castex, en visite dans un espace de coworking et un incubateur de start-up à Colombelles (Calvados), le 27 août 2021.

Dans sa marche vers le pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron avait fait de la promotion de la « start-up nation » un argument de campagne. A six mois de la fin de son mandat, le président de la République continue à porter les mêmes convictions. Jeudi 7 octobre, il était encore présent à un événement organisé par Bpifrance pour dire le mérite des « acteurs nouveaux » de l’économie, des « champions de demain ». Le plan d’investissement France 2030, annoncé mardi 12 octobre, démontre une nouvelle fois son attachement à la nouvelle économie.

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Laquelle doit irriguer quelques secteurs bien délimités : la transition environnementale, avec l’énergie et les transports, l’alimentation, et la santé. Ce sont « trois grands thèmes où la question de la qualité de vie rejoint celles de la souveraineté et de la maîtrise technologique », souligne Cédric O, secrétaire d’Etat à la transition numérique, pour expliquer ces choix. Pas question de faire du « saupoudrage » comme l’avait demandé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, même si la liste des secteurs soutenus ne s’arrête pas là : lanceurs spatiaux, agriculture, sylviculture, robotique et contenus culturels seront concernés par le programme d’investissement.

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Une attention particulière va être portée à la production de semi-conducteurs en France. Ce secteur dominé par les Asiatiques, surtout, et les Etats-Unis, subit actuellement des pénuries qui handicapent l’activité économique au niveau mondial. Même si elle conserve quelques fleurons dans le secteur (STMicroelectronics, Soitec…), « l’Europe veut revenir dans le jeu. Il faudra pour cela coopérer avec l’aide des acteurs en place », admet Cédric O. Pour rattraper son retard, la France mise donc 6 milliards d’euros sur les composants électroniques et la robotique.

Surtout, la France ambitionne de se donner tous les moyens de pousser ses candidats au moment où de nouvelles technologies se font jour. « La 5G, le quantique ou l’intelligence artificielle vont potentiellement rebattre les cartes de l’économie mondiale ; cette fois, nous voulons faire partie des gagnants », souligne Cédric O. L’Etat est persuadé qu’un terreau fertile a éclos pour construire des leaders mondiaux. Seule condition : « aller vite et fort », explique le secrétaire d’Etat, tout en assumant : « Nous voulons accentuer massivement notre prise de risque sur les technologies émergentes, y compris avec un fort taux d’échec. »

Levées de fonds taille XXL

Même s’il a pu démontrer sa capacité à attirer des grands fonds pour alimenter en capitaux les plus prometteuses jeunes pousses françaises – autour de 10 milliards d’euros devaient être mobilisés en 2021 –, l’Hexagone n’a pas encore prouvé son aptitude à créer des géants mondiaux incontestés. Dans le plan présenté mardi, une partie des moyens déployés doit être reversée pour la création de fonds de plus de 1 milliard d’euros capables de prendre part à des levées de fonds taille XXL en France. Afin de poursuivre, voire d’accélérer le soutien aux start-up, le plan d’investissement prévoit 2 milliards d’euros en subventions et 3 milliards d’euros en fonds propres.

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