Pour contrer la flambée des prix de l’énergie, Jean Castex dégaine un « bouclier tarifaire » jusqu’au printemps

Comment éteindre le feu qui couve à sept mois d’une élection présidentielle sans faire pleuvoir des milliards d’argent public ? Face à une hausse qualifiée d’ « historique » des prix du gaz et de l’électricité, le premier ministre Jean Castex pense avoir trouvé l’arme idoine : « Le bouclier tarifaire ». Invité au journal télévisé de TF1, jeudi 30 septembre, pour annoncer les mesures visant à soulager les ménages confrontés à l’envolée de leur facture énergétique, le locataire de Matignon a assuré aux Français que l’escalade des prix s’enrayerait grâce au blocage des prix décrété par l’Etat. « J’ai ce pouvoir », a-t-il argué.

A compter du 1er octobre, le tarif réglementé de vente pour le gaz doit encore augmenter de 12,6 % par rapport au mois précédent – soit une hausse de 57 % depuis le début de l’année, du fait de la reprise de la croissance économique post-Covid-19. Mais ensuite, fini ! Du moins à en croire le chef du gouvernement, qui a annoncé un gel jusqu’en mars ou avril de l’année prochaine. La période est censée coïncider avec une baisse des cours du gaz sur le marché international, une fois passé l’hiver et ses besoins en chauffage. Pour mémoire, le scrutin pour l’élection présidentielle de 2022 – à laquelle le président de la République, Emmanuel Macron, ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat – doit avoir lieu les 10 et 24 avril. La hausse des tarifs de l’électricité sera, elle, limitée à 4 % pour la première moitié de l’année 2022, grâce à une baisse de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE).

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Jusqu’ici, pour répondre aux angoisses des consommateurs et en particulier à celles des ménages les plus précaires, le gouvernement avait eu recours au « chèque énergie ». Un outil qualifié de simple, mis en place en 2018 lors de la crise des « gilets jaunes », permettant d’offrir en moyenne 150 euros aux foyers modestes pour les aider à régler leur facteur énergétique. Le 15 septembre, face à la hausse aussi vertigineuse qu’inédite des prix du gaz, le premier ministre avait abondé de 100 euros ce chèque. Quelque 5,8 millions de ménages sont concernés par cette aide d’urgence.

« Vous avez raison, [le chèque énergie] ne suffit pas »

L’idée d’utiliser à nouveau ce dispositif, en l’élargissant à un plus large public, avait été mise sur la table. Mais « il fallait frapper un grand coup. On ne pouvait pas revenir tous les mois avec un nouveau chèque », explique un conseiller de l’exécutif. Encore traumatisé par le mouvement des « gilets jaunes », qui s’était d’abord dressé contre une hausse du prix des carburants, le gouvernement était pressé de réagir. Et le chèque énergie, « vous avez raison, cela ne suffit pas », avait concédé le premier ministre, mardi 28 septembre, lors de la session des questions au gouvernement.

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