« Pour le parti Les Républicains, la présidentielle de 2022 s’apparente à un quitte ou double existentiel »

Lors de l’inauguration du nouveau local de la fédération Les Républicains de la Sarthe, au Mans, le 8 octobre 2021.

A droite, la primaire qui ne dit pas son nom est lancée. Les six candidats à l’investiture du parti Les Républicains (LR) avaient jusqu’au mardi 2 novembre pour déposer leurs 250 parrainages d’élus. Les candidatures définitives seront ensuite validées jeudi par une instance de contrôle. On sera alors à trente jours du congrès du 4 décembre, au cours duquel les militants choisiront leur candidat à la présidentielle. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Eric Ciotti, Philippe Juvin et Denis Payre se sont engagés à se ranger derrière le vainqueur. La droite partira donc unie et rassemblée, évitant de justesse le scénario du pire, envisagé avant que le président des Hauts-de-France ne se rallie au « processus de départage », ce qu’il excluait jusqu’alors avec fermeté.

Reste une question centrale : quel espace pour le candidat investi ? Dit autrement, et un peu brutalement, à quoi sert LR dans ce paysage politique en pleine recomposition ? Coincée entre Marine Le Pen et Eric Zemmour d’un côté, Emmanuel Macron et Edouard Philippe de l’autre, l’ex-UMP, déjà en position d’outsider et réduite aux acquêts, semble au bord de l’asphyxie. Ce n’est certes pas la première fois que la droite de gouvernement se retrouve prise en étau entre l’extrême droite et le centre, mais rarement dans de telles proportions. Avec son parti, Horizons, lancé au Havre le 9 octobre, Edouard Philippe poursuit l’entreprise macroniste de démolition en tentant de rallier de nouveaux élus LR, parti auquel il aimerait se substituer en vue de 2027. Quant à Eric Zemmour, du fait de son histoire et de son positionnement, il est plus à même que Marine Le Pen de parler aux sympathisants LR.

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Les régionales – marquées par l’échec de La République en marche (LRM) et du Rassemblement national (RN), sur fond d’abstention – avaient laissé penser que les Français ne voulaient pas du match retour LRM-RN et qu’une voie s’ouvrait pour la droite. Mais, dans cette précampagne, les candidats à l’investiture LR plafonnent dans les sondages. En 2007, Nicolas Sarkozy avait obtenu 31 % des suffrages au premier tour de la présidentielle. Dix ans plus tard, un François Fillon enlisé dans les affaires avait rassemblé 20 % des voix. Aujourd’hui, Xavier Bertrand, qui devance ses compétiteurs LR dans les intentions de vote, fait au mieux 5 points de moins, et souvent derrière Zemmour, selon plusieurs enquêtes. Paradoxalement, alors que les idées de la droite n’ont jamais semblé aussi hégémoniques, LR n’a jamais paru aussi fragile.

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