Pour son 20e anniversaire, le festival Les Solistes à Bagatelle sort le grand jeu

L’orangerie de Bagatelle, où a lieu chaque année le festival Les Solistes à Bagatelle.

Inauguré en septembre 2000 aux Serres d’Auteuil à Paris avant d’en être délogé, en 2012, par le projet d’extension du stade Roland-Garros et de trouver refuge dans l’Orangerie de Bagatelle pour une nouvelle floraison artistique, la manifestation Les Solistes à Bagatelle aurait dû fêter ses 20 ans d’existence en 2020. Virus oblige, l’événement a été reporté à 2021, sans revoir les ambitions du festival à la baisse ni renoncer à son identité.

Chaque week-end, du 28 août au 12 septembre, à raison de deux concerts par jour, l’anniversaire verra se succéder une douzaine de pianistes qui ont écrit l’histoire du festival. De Claire Désert à François-Frédéric Guy en passant par Béatrice Berrut et David Kadouch. Toujours selon une formule qui a fait ses preuves : programme d’une heure invitant à sortir des sentiers battus de la musique classique, notamment par l’intégration d’une pièce contemporaine.

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Un exemple ? La confrontation de Ludwig van Beethoven et de Robert Schumann proposée (le 28 août) par Cédric Tiberghien à partir de pièces (deux pour chaque compositeur) qui ne courent pas les claviers (Variations sur un thème de Paisiello pour le premier, Geistervariationen pour le second), avec au centre, une partition écrite en 1983 par l’iconoclaste américain George Crumb.

Les festivaliers de la première heure se souviendront que le même Cédric Tiberghien avait, le 12 septembre 2000, aux Serres d’Auteuil, figuré au concert d’ouverture de la manifestation créée par Anne-Marie Réby, pour offrir une meilleure visibilité aux jeunes artistes qu’il lui arrivait de découvrir lors d’auditions privées dans des circonstances peu propices à l’expression de leur talent.

Concerts en famille

« Je les voyais galérer dans des salons à l’acoustique terrible, sur des pianos épouvantables, avec des gens presque sur les genoux… J’ai eu envie de les présenter dans un cadre professionnel avec un vrai piano de concert, pas un demi-queue ou le vieux crapaud de la grand-mère, un programme intéressant, et un parterre d’invités ayant pignon sur rue tels que des programmateurs ou des agents. »

Ces derniers ne constituent évidemment pas l’essentiel du public drainé depuis par le festival. « Une partie est attirée par les artistes, connus ou non, une autre, par la programmation, qui invite à la découverte. Enfin, il y a les férus de musique contemporaine qui viendraient à genoux s’il le fallait parce qu’ils trouvent qu’on n’en entend pas assez en dehors des grandes institutions et des lieux spécialisés ! »

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