« Pour terminer l’album 2020 de mon fils, j’ai encore besoin du 8, 195, 441, 608 » : Panini la monnaie !

Quand la France a été éliminée de l’Euro, des enfants ont pleuré. Et certains parents se sont inquiétés. « On fait quoi pour les albums Panini ? » Ce sont les parents Panini. Il y a une trentaine d’années, l’éditeur d’autocollants considérait encore que ses albums s’adressaient aux 8-14 ans. Aujourd’hui arrive sur le marché de la vignette une génération de parents pressés de revivre avec leurs gosses ce qu’ils ont connu enfants ; qui, quand ils entrent dans un bureau de tabac, s’attendent à tomber sur une vignette de Dominique Rocheteau.

Mais, autant ouvrir les pochettes semble accessible aux juniors, autant leurs parents s’estiment indispensables pour les échanger en ligne ou pour escorter leurs enfants à des bourses de collectionneurs. Devenus particulièrement agiles lors de ces transactions, les parents Panini refusent de calculer combien tout cela leur a coûté depuis le début. À chaque nouvel album, ils se promettent que c’est le dernier, mais il suffit que leur progéniture rapporte de l’école des doubles dont un copain s’est débarrassé en cours de récré pour qu’ils remettent le pied à l’étrier dans la course aux 600 vignettes.

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Roi de ces parents Panini : Hugues Morel, qui a créé le site echangermesdoubles.fr quand ses enfants avaient 12 ans afin de les aider à terminer leur collection. Il ne s’attendait pas à ce qu’autant de parents y soient actifs ni à ce que les enfants, qui peuvent poster n’importe quoi comme annonce, deviennent sources de plaintes auprès du modérateur. Son idée, en créant le site pour systématiser les échanges, c’était d’éviter de dépenser trop d’argent. Il est sidéré par ceux qui dépensent des fortunes pour boucler leurs albums. Ses enfants à lui sont passés à autre chose, lui n’y parvient pas. « Je voudrais débrancher la prise et terminer cette histoire, mais il y a toute une communauté derrière. »

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A quoi on les reconnaît

Ils gardent les doubles sur leur bureau, c’est trop précieux pour être laissé dans la chambre du petit. Une fois leurs enfants couchés, ils se connectent à leur groupe Facebook et postent une photo de la feuille quadrillée sur laquelle ils ont noté leurs numéros manquants.

Ils ouvrent un compte sur laststicker.com ou echangermesdoubles.fr, mais sous le nom de leur enfant. Ils ont le cœur qui bat en trouvant l’enveloppe dans la boîte à lettres. Ils ont l’impression de prendre une revanche sur leur vie d’enfant en achetant leurs pochettes dix par dix. Ils ont passé des samedis après-midi à aller à des ­rendez-vous pour échanger des vignettes avec de jeunes inconnus sous l’œil attentif de leurs parents.

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