Pourquoi LinkedIn a décidé d’abandonner ses activités en Chine

Le dernier des grands réseaux sociaux américains encore présent en Chine, LinkedIn, a annoncé, jeudi 14 octobre, abandonner le marché, de plus en plus contrôlé par l’Etat. « Nous faisons face à un environnement opérationnel difficile et à de plus grandes exigences en matière de conformité aux règlements en vigueur en Chine », a justifié le service, détenu par Microsoft.

Ce dernier avait lancé en 2014 une version plus limitée de sa plate-forme pour le marché chinois, intégrant des outils de censure, obligatoires pour opérer dans le pays. Mais les efforts de LinkedIn pour satisfaire Pékin le mettaient en porte-à-faux aux Etats-Unis, où les critiques s’accumulaient contre les atteintes consenties à la liberté d’expression.

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Cette décision survient alors que, depuis un an, les autorités chinoises ont encore renforcé le contrôle des sociétés du numérique, multipliant les mesures de régulation, les amendes et les rappels à l’ordre des grands groupes et de leurs patrons. Une loi sur la protection des données personnelles renforce notamment le contrôle du gouvernement sur les données de ces firmes.

En mars 2021, LinkedIn avait temporairement gelé l’enregistrement de clients, officiellement pour se mettre en conformité avec de nouvelles règles. D’après le New York Times, l’entreprise venait d’être rappelée à l’ordre pour des contenus circulant sur le site et jugés subversifs par Pékin. Depuis, LinkedIn avait suspendu en Chine les comptes de nombreux militants, journalistes ou chercheurs de tous pays, les informant simplement que leurs profils comportaient des « contenus interdits ».

« Grande Muraille numérique »

Microsoft va remplacer LinkedIn par un service plus restreint centré sur le recrutement, avec des profils limités aux CV des membres, mais sans le réseau social. « Bien que nous ayons pu aider avec succès les membres chinois à trouver des emplois et à saisir des opportunités économiques, nous n’avons pas rencontré autant de succès pour les aspects plus sociaux consistant à partager et à rester informé », a expliqué, dans un communiqué, Mohak Shroff, chef de l’ingénierie au sein de l’entreprise.

Le réseau social n’était pas massivement utilisé par les Chinois, mais permettait aux entreprises et candidats tournés vers l’international d’entrer en contact plus facilement avec des acteurs du reste du monde. En septembre, le président de Microsoft, Brad Smith, avait précisé que les activités chinoises du groupe représentaient moins de 2 % de son chiffre d’affaires, un ratio en baisse ces dernières années.

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