Pouvoir d’achat : Macron veut effacer son image de « président des riches »

Le président de la République, Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 30 septembre.

Effacer l’image de « président des riches ». Montrer que le quinquennat n’a pas seulement bénéficié aux plus aisés, mais à l’ensemble des Français, y compris les plus modestes. La hausse des prix et le pouvoir d’achat s’imposant parmi les préoccupations majeures en cette sortie de crise, l’exécutif n’entend pas laisser les oppositions occuper le terrain. Et saisit l’occasion du budget 2022, examiné en commission des finances de l’Assemblée, mardi 5 et mercredi 6 octobre, pour rappeler les mesures prises en faveur du pouvoir d’achat des ménages depuis cinq ans.

Dans le même temps, alors que le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, jeudi 30 septembre, la mise en place d’un « bouclier tarifaire » pour lisser les augmentations des prix du gaz et de l’électricité, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a été envoyé ouvrir un nouveau front à Bruxelles pour « revoir de fond en comble le fonctionnement du marché unique de l’électricité », jugé « aberrant ».

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Lundi, les équipes de l’Elysée ont ainsi tenu à présenter elles-mêmes le rapport économique, social et financier, un document budgétaire d’ordinaire publié par Bercy. Celui-ci indique que, malgré la crise liée au Covid-19, le pouvoir d’achat a progressé « deux fois plus vite entre 2017 et 2022 qu’au cours des deux quinquennats précédents », à savoir 8 % après prise en compte de l’inflation, contre 4 % sous François Hollande et 3,5 % sous Nicolas Sarkozy.

Surtout, il souligne que les mesures adoptées depuis 2017 pour les ménages (baisse de l’impôt sur le revenu, suppression de la taxe d’habitation, revalorisation de la prime pour l’emploi et de diverses prestations sociales…), qui totalisent quelque 24 milliards d’euros, « entraînent une hausse de niveau de vie allant d’environ 2 % pour les ménages situés dans la plupart des dixièmes de niveau de vie, jusqu’à 4 % pour les ménages du dixième le plus modeste ».

Paradoxe

Cette analyse contraste avec celles réalisées avant la crise par des organismes indépendants, comme l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et l’Institut des politiques publiques, selon lesquels les ménages aisés avaient davantage profité des mesures fiscales et sociales mises en place entre 2017 et 2020. D’après les calculs du Trésor, un célibataire payé au smic gagne 170 euros de plus par mois qu’au début du quinquennat, un aide-soignant 244 euros par mois, tandis qu’une personne en situation de handicap a vu son allocation augmenter de 13 %… « Le gouvernement semble avoir considéré que les hausses de fiscalité du tabac et de l’énergie ont beaucoup modifié les comportements, ce qui réduit les effets négatifs sur les premiers déciles », nuance Mathieu Plane, de l’OFCE.

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